samedi 8 avril 2017

MUSIC HIC ! -9. SONIC YOUTH I.C.P THE EX - Odonates automates



ODONATES AUTOMATES

démarrent ressources tempo sur ligne blanche étanche au trafic brebis kling & klang droit devant comme grognements grincements d’une horde de libellules sur planches à roulettes se déballant sur le macadam se tarmaccant comme une glu qui décolle ridant le parterre pour que sillons de potager se préparent à quelques lyriques hullulements qu’averse en trombe inonde de remue-ménage s’insèrent babillages de trains de marchandises avec la voie ferrée dépliages qui déménagent un surplus de sucs et de sauces qu’un bon méchoui ne dénigrerait pas en cas de fête de promiscuité où se branche et se débranche la raveparty de cuisine intérieure casseroles inox et cuivre à l’appui clapotis de charivari et finalement les batraciens s’en mêlent croâssent leurs flaveurs et s’emmêlent avec les criquets qui d’une sobriété auguë réaniment urgence il y avait les libellules à bout de souffle dansant une ronde de ronron tintamarrant et soufflant d’Ostende jusqu’à Zierikzee des hippocampes tirés au large de grains de sable s’enlisent dans les couloirs souterrains mugissent dans la grande grotte s’explosent la glotte en fanfaremobile de stalactites stalagmites et légendes myhtiques soudain un roulement s’épanouit voici le tintouin qui virevolte et récolte les premiers légumes du potager engendré et ramdam remue-ménage encore raffut s’engage fait le ménage met son grain de sable afin que la machine s’arrête prenne du souflle se mette à trembler d’une envie non simulée pour redémarrer d’une chevauchée dans la mer du Nord et crevettes grises stridulent de leur thorax maximum peplum aux cornes d’abondances une quadrille le soufflet entre les fesses sans stress enchanteresse transhumance trans musique expresse s’étale en toute quiétude et emplitude

(j’écoute - j’écris - d’un trait : ‘SONIC YOUTH - I.C.P. - THE EX’ - (in  the fishtank 9, 2001)

Note :

Paru en 20O1, ce disque est le neuvième de la série : In the Fishtank du label hollandais : Konkurrent. Le principe est que le groupe qui se voit proposer de faire un album de 20 à 3O minutes doit l’enregistrer en deux jours, avec la possibilité d’inviter d’autres musiciens. Ici, c’est Sonic Youth , sans Kinm Gordon d’où la présence de William Winant, qui s’y colle. Il n’est plus nécessaire, je pense, de présenter Sonic Youth groupe de noisy pop rock alternatif,  apparu en 1981, et qui depuis c’est taillé une réputation internationale de par une imposante production discographique qui en font l’un des plus intéressant fleuron du genre. Le groupe a invité deux des membres du groupe anarco-punk expérimental hollandais : The Ex, ainsi que des jazzmen allemands de : i.c.p. Le résultat est surprenant car très éloigné du rock et d’une certainement manière proche d’un free jazz électrique expérimental. Le disque se compose de 8 titres mais l’ensemble forme un tout qu’il vaut mieux écouter dans son entier. 

vendredi 7 avril 2017

MUSE HIC ! -8. LES HARRY'S - Barbe à papa.













BARDE À PAPA

qui fait quoi en ce moment quand la voix de cet instant quand la musique de cet intervalle quand la minute dure plus que soixante secondes se voit prolonger à coups de rames dans la bouche ouverte ou tentaculaire dans la clairière libertaire où les pinces à linge accordent la table d’harmonie avec toute la troupe assise autour tournez manège et le blues carottes et betteraves sous ovation et ciel bleu plein de canard au riz servi sur la piste de dégustation et de jolies filles à l’accordéon diatonique rentrent le linge séché au soleil et en plein air prospère le défoulement gustatif et le barde dans cette histoire il est au barbecue des sons et des mots déguisé en crocodile il prend des radios des cricriantes dédéclameurs main dans la main voix dans la voix ohlala mais qu’est-ce qu’ils foutent en haut là oui là encore des cochonneries qui supplient en écoutant le thème de la série Alfa bête ville au beat lourd et sexy mais rien est foutu ni perdu les cordes en pincent pour ce karaoke d’éloges bis rappel bis trompeur et unicorde s’y met aussi sous les murs de l’abbaye de Cluny où quelques dieux le bénissent parce qu’ils avaient quelque chose à faire justement ce jour-là quelque chose à faire pour finalement se laisser faire en accord des cordes jouées par le barde qui vient de préparer le café car il aime bien aime bien que le repas se déroule bien même qu’il n’a pas oublié le chocolat chaud qu’il aime bien aime bien un coup de rhum dedans il aime encore mieux et tout le monde aime bien le barde qui sait bien organiser et organiste il sait bien faire il aime aussi savoir comment tout le monde s’appelle savoir qui est poilu qu’est qui est libertaire il aime aussi se taire pour ne plus rien dire et fredonner et tout donner de ses poumons qui aiment tout le monde vraiment tout le monde du matin bonjour au soir bonsoir du crépuscule de la brousse au chant d’oiseaux qui pousse à s’aventurer plus en avant de mois en mois d’année en année sur le banc de sable enflé d’émanations radio réactives incantations aux lisières de l’alter lego en construction de marinade salivaire et salutaire bravo bravissimo

(j’écoute - j’écris - d’un trait : Les Harry’s - GGOTS, 2013-2015)

Note :

Les Harry’s est un groupe constitué de jeunes adultes autistes mais ! … ‘Pas de musicothérapie ici. Pas de soins là-dedans. Juste l’expérimentation concrète de la matière sonore. […] Une pure pratique expérimentale dans ce qu’elle laisse de place à la surprises, aux associations libres, aux jaillissements incongrus de formes imprévues. Une situation d’improvisation sonore où la musique dépasse le cadre de la gamme et du métronome. Comme l’histoire de la musique en a connu et en connaît d’autres à chaque fois qu’on s’approche des marges de n’importe quelle chapelle (quand le son devient libre, poussez les barrières à la mer). Extrait des notes, d’Olivier Brisson, de l’album : GGOTS de LES HARRY’S. 

LES HARRY'S - GGOTS ============>disque disponible via : www.metamkine.com

jeudi 6 avril 2017

MUSE HIC ! - 7. JEAN-MARIE MASSOU - Visite à Jinglewood.











VISITE À JINGLEWOOD

verte nature et corbeau blanc sous ciel bleu électrique mirent le temps révolu et le criquet duettiste pianotant sur baril pétrole vidé dont éclosent voix disques symphonies sur ondes radio et voilà et voilà et voile-la car voici gratte container de paroles complainte complainte s’enlisse reprend de haute voix cathédrale monastique esthétique ne s’enlise pas ne pas se plante un instantané avant de continuer au gré du briquaillon naturelle écrabouillé vers une aventure télé-matesque qui engendre lamento lamento sans mots à travers un smog de raisons et de résonances le ton est donné le murmure perdure bâtit son mur plein d’échelles vers le ciel a capella au-dessus d’une bande-son ersatz de son double chahuteur chroniqueur et criquet et piano et caisse de raisonnance et hum dam domdom raclement de gorge hum dam domdom citerne hum dam domdom monologue Mariane oho hoho vrai tremolo cette fois-ci très très beau semblant au drôlement doux écoulement de ruisseau où cailloux s’entrechoquent en tic et troc phrases qui cantilènent histoire en répétition sans session souffle et magnifique départ du retour en mémoire défilant pleines paroles à tour de rôle et gravillons pas à pas de foisonnants airs de paroles en corps et…
sous la tente on les laissera incuber dans pleins d’K7 des mètres cubes d’K7 syndrome ferrichrome jusqu’au nirvana trop de choix chez les compagnons porteurs de croix à pas d’oie sous ciel couvert de mirages de passage qui cassent les barrières de sons si jolis ci-joints dans leur fumée si jojo cocu cocu rico c’est fini c’est à remettre ého ého léon et léon léon flottements d’écoutilles sur mer morte ohé ohé polyphonique logorrhée vers marins lointains et sirènes loin des mains vagissements retentissent et raclements au-dessus des pipes d’orgues marines marines mieux mieux que paloma là à la radio c’est ça bien bien ça qu’on aime eh hé telle belle chartreuse tom tom pas paroles par-dessus tam tam paloma pas à pas paloma adieu Saint-Daniel & Mathieu Daniel & Mathieu ni aux cieux ni dans le cigare nuage craché du poumon gauche car du poumon droit ça respire comme une vache en flatulence delite pour une bouchée d’herbe air béat sans suivit sanctifié dans le citerne-disque enchantant une Marseillaise étendard dans le gras des bataillons s’écoulant dans des bruissements d’herbe et…
les jouets se révoltent dans la vie connue de la petite fille connue connue et ça commence commence dans la petite cabane cabane elle m’a invité invité dans la cabane et la semaine du coucou coucou venue elle n’est pas venue faire un petit coucou ni en petite voiture ni en petit camion camion et pourtant il est bien là le conte fantastique par le trou de la serrure allez loue là et rebelote allez louve là au bord du bord comme Lorelei amour cuit comme un œuf qu’on a oublié de gober dans le désert de Gobi où jadis sapins par lapins habités comptaient les flocons tomber alléluia passons à une aut’ K7 une aut’ oh oh bloqué ou non à l’envers à l’envers aiulélla aiulélla sonnent mal les matines aut’ K7 K7 ferment les paupières pour les femmes du monde entier nues comme peau de pêche magnifique magnifique manginificat belle vierge Marie aut’ K7 marche pas marche marche chansonnette sur bande usée usée cassée non non bloquée faut-il il faut rembobiner rewind rewind start play magnétocassette play enregistre rupestre complainte oui oui en corps changé sur même lignée de voix du môme témoin du rêve d’un rêve on voit on voit en entend le beau K-do le bellissime K-do et…
autres mots entremots en double stéréo fantastique couééééé couééée premier Mary Poppins épisode et les 101 Dalmatiens qui chantent Marie suivi de tout près d’oisillons en canon kwi kwi orchestre bruiteurs en chœurs des chiens décalés affamés d’un quartier d’os ficelé de cartilages d’emballage mais deuxième épisode arrive en volume plus plus fait la course au premier gagne du terrain et tient le flambeau du deuxième refrain en quadriphonie cette fois-ci soutenue par les cordes  aucune peine ni envie enclave le mystère de cet opéra en quatre actes dans une atmosphère qui survit de plaire

(j’écoute - j’écris - d’un trait : Jean-Marie Massou - Sodorome, volume 1, date  2016)
 Note :

Jean-Marie Massou vit au lieu-dit ‘Limoges’ à Marminiac dans le lot. C’est une personnalité hors du commun, atypique, un excentrique qui vit en ermite. Un film de 58 minutes d’Antoine Boutet : Le matériel plein Pays, lui a été consacré. Jean-Marie Massou est donc un grand solitaire qui durant plus de trente ans aux alentours de chez lui, durant des décennies, a creusé d’impressionnantes galeries… Aujourd’hui, l’homme se dit de ne plus avoir les forces pour continuer à creuser mais entre art brut, art naïf, art spontané, il continue à produire… notamment du sonore sur des k7 audios, une pratique qu’il a commencé il y a déjà très longtemps. Olivier Brisson, Julien Bancilhon et Matthieu Morin de l’association : Vert Pituite La Belle, ont eu l’excellente idée et initiative de produire, en 2016, sur leur label : La Belle Brute, un double 33 tours vinyle de Jean-Marie Massou : SODOROME vol.1 dont nous vous livrons un extrait des notes de la pochette : ‘[…] Entre complaintes chantées à genoux au-dessus de la citerne enfouie derrière sa maison et extraits des centaines d’heures de cassettes audio enregistrées sur plusieurs magnétos, Massou dévoile ici une part de ce qui l’occupe et de ce qui le préoccupe, l’univers imaginaire de l’enfance et son insouciance autant que l’imminence de la fin du monde et de ces habitant. […] Il nous a accueilli dans le chaos organisé de son antre, où on voit que ses cassettes, ses « rouleaux », sont triés par paquets ficelés à l’élastique avec des collages ou des dessins sur les pochettes pour se rappeler ce qu’elles contiennent. On voit que les magnétos sont prêts à servir au rebord du lit ou à l’entrée, au cas où.'  
                                                               
Contact : vertpituite@gmail.com 

mercredi 5 avril 2017

MUSE HIC ! 6- A.PARTRIDGE, B.ANDREWS & M.BARKER - Pied-à-terre-neuve.

PIED-À-TERRE-NEUVE

un cerf-volant deux cerf-volants trois cervidés et une grande biche volante bel agglomérat de scarabées in excelsis deo trépidant sur l’accord des micro-noyaux en temps réel diffusé en vidéo images brouillées car accents latents perdent leur force phosphorescente en boucle d’impasse sans chasteté s’enlacent de quelques quiproquos à la lourde décharge qui prennent le large mais au fait qui s’en charge dans cette fameuse fumeuse auberge où forcément le cierge à la gorge on envisage la purge de la verge vierge sous un hématome d’amas en diorama avec le dalaï-lama qui déclamera sous une entente de détente des plus expulsives une filiale à ne pas suivre sans quelques consignes et recommandations dans l’ère du temps avoisinant une accalmie évoluant vers une synergie wap doo wab céleste idée s’exprimant dans une désuétude désertique pique-niquez-y pénétrez-y paniquez-y si bon vous semble vu que sur cette cendre d’étoiles la nuit ne portera jamais conseil ni ne donnera quelque oseille si ce n’est pour cuire dans un kebab sous emprise de succomber au charme shawarma accompagné d’un soupçon de rebab non rabat-jour mais voyons clair sous pleine lune et éclairs où chairs se prisent sans méprise surgissent de la tombe des gnomes home sweet home s’allignant dans la rue comme des réverbères en manque de fausse mélancolie éluminant tous passants et passantes se miroitant dans leurs souliers et escarpins clopin clopant direction leur quotidien il n’y avait vraiment rien de plus à élucider jusqu’au moment où cette nuée commença à courir à cavaler sans s’y méprendre à se chevaucher à s’étalonner à s’envoyer des tirades de huissiers qui se vidaient la bourse l’un l’autre et paradoxalement il n’y eut aucun malentendu ils s’échangèrent leurs us et astuces de bottineurs frotteurs ils se frottèrent et se bottinèrent au bodéga sans aucun dégât au contraire ils invitèrent près d’eux les gnomes à se la couler douce et de plein gré à leur tour ils annoncèrent l’ère du nouvel homme réconcilié avec la nature et la connaissance de la nature menant de son rythme l’assemblée dans une tournée dervichienne castagnettes à l’appui pour le délire d’élire de lire d’entrelire entre eux sbires satires et pervertrices dévêtrices parlant un sabir à estourbir tout linguiste même altruiste de transcrire entre eux les fréquences à employer librement ou par le moyen d’un Yi Jing afin de décrire les états du monde et leurs évolutions dans l’abstraction de la mappemonde planisphère il faudra s’y faire mieux faudrait se taire

(j’écoute - j’écris - d’un trait :  Andy Partridge / Barry Andrews / Martyn Barker - Monstrance, 2007)
Note :

 Ce double cd est-il à sa place dans cette liste d’album retenu pour ‘MUSE HIC ! VOUS, appelez CELA de la Musique, VOUS ? ‘ ? Certains qui écouterons ces 14 albums, se poserons peut-être la question car la musique de ce Monstrance, paru en 2007, pourra leur paraître beaucoup acceptable que celle des autres productions sélectionnées car globalement moins bruyante, moins chaotique, plus tranquille, éthérée et sereine néanmoins le trio qui a improvisé et enregistré directement cette dizaine de plages sonores, propose un univers musical qui se singularise réellement. Le trio se compose d’Andy Partridge connu pour être l’une des deux pièces maitresses, avec Colin Moulding, d’X.T.C mais si dans ce projet : Monstrance, Andy Partridge est crédité pour tenir la guitare, cette dernière est certes omniprésence mais avec une discrétion et parcimonie tout à fait remarquable qui si il veut vraiment l’entendre, il faut que l’auditeur se mette réellement en position d’écoute attentive afin de la distinguée de l’homogénéité de l’ensemble ; et il en est de même pour les sonorités des claviers de Barry Andrews qui se déploient de la même particularité d’écrite pour le jeu de guitare. Ici, donc Andy Partridge retrouvait pour ce projet, après trente ans, celui qui a été son complice aux claviers le temps des premiers concerts et deux albums d’ X.T.C [ Withe Music en 1977 et  Go 2 en 1978 ]. Le troisième larron de ce trio est le batteur-percussionniste Martyn Barker dont, je l’avoue, je ne sais absolument rien, l’on peut dire qu’il s’inscrit parfaitement l’univers musical improvisé de ce trio dont on doit reconnaître qu’il est d’une exceptionnelle cohérence et que chacun certainement dans une très haute écoute des autres vient déposer ses éléments afin de tisser un ensemble fluide et harmonieux. La Musique de Monstrance est en rien et jamais tapageuse ni agressive quand elle dissone, même si pourtant elle emprunte des voies qui demeurent inhabituelles et à ce jour, je ne vois de part certains aspects que Robert Fripp en solo et parfois en duo avec Brian Eno qui a/ont élaboré de tels paysages musicaux.

MONSTRANCE : APE CD 017 / 2007 APE HOUSE ltd. www.APE.UK.NET

mardi 4 avril 2017

MUSE HIC ! - 5. MAURICIO KAGEL - Un jour né en trois temps

UNE JOURNEE EN TROIS TEMPS

matin : aurore de clitoris d’une miss basson endimanchée de sexes multiples d’épinettes et d’autres clavicordes à châssis rehaussé et frappé a secco au cœur de la table d’harmonie vibrante jusqu’à émasculante pugnacité cascade en douceur de l’anche battante de la hanche joignant la cuisse balayante au bassin d’acclimatation d’une profondeur sans leurres de péchés en surnages d’écrevisses qui se tapent la Lorelei en ballade accompagnée d’un saxo en trompe-œil d’une histoire de cithare qui ne se répétera pas de si tôt

midi : promptement touches noires & blanches décantent et chantent l’ostracisme d’une note révolue d’un triangle sans Bermudes plein de féminitude dans une multitude d’envolées des plus belles à broder sans pareille une partition sans nom comme un soufflé plein de gaieté montée en neige

soir : craquements de voix d’outre-tombe emplifiée d’une trompette de verre égale à celui d’une bière duvelière dégustée outre-blues accompagnée de picotements de guitare flambée malgré lui à l’élixir outre-zombie et de sifflements d’un train de vie outre-mesure habillé d’un spectre vital de l’eau-delà à flot du pas de deux entre deux récoltes de fin de saison tchin à la danse de Saint-Guy et tchin tchin à l’eau-de-vie qui remet en place l’essentiellement grotesque du pantin pratiquant la résonance buccale à vau-l’eau oho padam padadadam pour tout quidam stram gram qui poursuit sa route goutte-à-goutte s’abreuvant au goulot bottleneck

(j’écoute - j’écris - d’un trait : Mauricio Kagel - Zwei akte, 1988-89 - rrrrrrr… : 5 Jazzstücke, 1981-1982 - Blue’s Blue, 1978-79).


Note :

Mauricio Kagel est un compositeur, chef d’orchestre et metteur en scène argentin [1931-2008]. Il s’est principalement attaché au théâtre instrumental en renouvelant du matériel sonore [électroacoustique, sons divers]. Mais il a également exploré les ressources dramatiques du langage musical contemporain dans des pièces radiophoniques, des films, des œuvres électroacoustiques, des formes anciennes. J’ai découvert Mauricio Kagel par le biais de Christoph Brunel qui connaissant mon insatiable passion pour le blues et les Musiques en général a cru bon, il a eu entièrement raison, de me faire découvrir Blue’s Blue une pièce sonore de plus de 28 minutes qui est une reconstruction musico-ethnologique de quatre musiciens [1978-1979] qui figure sur le cd : mauricio kagel 2 zwei akte    rrrrrr…  5 jazzstücke blue’s blue paru en 1991 sur le label DISQUES MONTAIGNE.

‘ Une reconstruction musico-ethnologique ?
Les quatre musiciens de cette pièce écoutent de très vieux enregistrement de John Blue [‘All is Blue on Blue’s Lips’]. Les bruits de craquements du disque usé et la qualité médiocre de la reproduction n’empêchent pas ces auditeurs d’accompagner et d’imiter – d’abords timidement puis malgré eux de plus en plus minutieusement – la figure d’un père presque inconnu du jazz. C’est ainsi que les quatre acteurs se retrouvent eux aussi dans un Service Musical très spécial. Par l’identification – s’amplifiant d’abord graduellement puis devenant parfaite – à la musique et l’art de son interprète, les participants s’essaient à une reconstruction publique d’une poétique gelée. En réalité, le résultat est difficilement prévisible. L’improvisation par mimétisme donne les éléments de base du jeu qui suit ; il y a osmose musicale en même temps qu’une sorte de préservation des racines : les répercussions subtiles du Blues dans la pratique jazz subsistent, encore aujourd’hui, comme un réservoir intarissable près du tombeau ouvert de l’archéologie acoustique.‘  – Extrait des commentaires du livret accompagnant le disque cd. Les musiciens « jouant » Blue’s Blue sont Mauricio Kagel : voice and glass trumpet , Michael Riessler : E-flat clarinet and alto saxophone, Theodor : acoustic guitar, Geoffry Wharton, violon.
Les autres deux pièces du disque : zwei akte [1988-1989] Grand Duo for saxophone and harp with Michael Riesslser, soprano, alto and baritone saxophones and Brigitte Sylvestre, harp et : rrrrrr… : 5 jazzstücke [1981-1982] with Michael Riessier / clarinet, bass clarinet and alto saxophone, Geoffry Wharton / violin and  Kristi Becker, piano sont toutes aussi intrigantes et originales. 

lundi 3 avril 2017

MUSE HIC ! 4. - ANTON HEYBOER - Ni Ivre Ni Nomade.

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NI IVRE NI NOMADE

de vague en vague à l’âme la bise par diverses trouées échappées à la mélancolie du lointain guimbarde ici-bas en bourdon un spleen des 
plus créatifs & contemplatifs naviguant malgré lui sans besoin viscéral en bateau ivre pour dévoiler l’équipage de matrones matelottes œuvrantes toutes bellottes sous l’emprise de l’harmonica du maître corbeau qui quant à lui découlant à contre-courant en dramaturge d’hurlements affronte tous vents existant taillant dessins et destinées vitaux sur son faciès de crépi moucheté et surtout sanctifié sous les aboiements porcins en provenance de son propre no man’s land conçu dans un parcourt d’égarements de sillon en sillon labouré de son propre culte et de ses trois naïades sources d’inspiration ad vitam aeternam en toute simplicité corporelle de perles garnies soulevant d’un clignotement de sourcils le passé qui est la vie comme travail et possiblement le temps qui commence en amour couronné de plantes aquatiques que tel un Neptune terrestre il aurait ensemencé de plein gré sur un de ses prés salés ou tel un esprit bariolé dans un maquis de belles-de-nuit il aurait accumulé par quelques pensées de Priape bien disposé et en continu comme une sangsue et toujours entouré de ses cantates chamaniques sans ciel ni terre… ni queue ni tête… prêt de disparaître

(j’écoute - j’écris - d’un trait : Anton Heyboer - Rules of the Universe, 1993-95)
'Sometimes There is a Woman in Your Arms'  
est la seule chanson de Rules of the Universe disponible via le net.

Note :

Anton Heyboer [1924–2005] est un peintre et graveur néerlandais.  Dans les années soixante, le travail d’Anton Heyboer commence à avoir une réelle reconnaissance internationale mais, en 1984, il rompt totalement avec le marché de l’art et ses pratiques mercantiles. Il s’enferme alors chez lui, lieu qu’il nomme : Den Iip, il y travaille jusqu’à sa mort en faisant entendre qu’il veut secouer le monde l’art et ses artistes contemporains avec le souhait de permettre au public de découvrir que l’art est une partie intégrée du quotidien. Anton Heyboer, au Den Iip, a également enregistré, a cappella, des chansons sans aucun soucis d’esthétisme, d’une manière directe et primitive dont le résultat peut s’apparenter à de l’art brut. 13 de ces enregistrements, sur la période de 1993 à 1995, ont fait l’objet d’un double 33 tours vinyle : Rules of the Universe,  édité en 2013 par The Anton Heyboer Foundation associé à V.O.F. Heyboer. Recherché, Le disque est devenu aujourd’hui presque introuvable, toutefois il serait des exemplaires seraient encore disponibles via le site de vente en ligne METAMKINE : www.metamkine.com 

À signaler aussi l’existence d’un site : www.anton-heyboer.nl
Cet extrait ne fait partie d'aucun disque.

samedi 1 avril 2017

MUSE HIC ! -3. JOHN M. BENNETT - Péril en vinyl.





PÉRIL EN VINYL

peau de langue mue salive salutaire en granulés gréco-mercenaires quand tremble membrane tribale en murmures de briques et criquets entonnant pendant que trombone en sourdine trompe la bonne qui scratche péril en vinyl car tombe-là nombre lamentations en tas de poussières tapotent tambouille fermentée comme aiment verrats & truies en écho d’un tube discopulant phoque en mappemonde syllabique qui à son tour sonde en continu le chalant mouche en distorsion la pègre à la ligne musicale de transmission de Cockerill en stock Salmbre vers nez pincé en pif pipeau saturé du cul bombardon adhésif en rimmel genre fard de cocotte gallinacée sur lit bactérien ou dard de coyote sur soupir sibérien que du bien que du rien mis en valeur par une gratte édifiante déclamation d’exosquelette aux timbres multiples sous la cape d’un chevalier du Prochain Âge humanitaire et surtout bestiaire d’une nouvelle élocution paranormale car télépathique & télé-éthique d’une sonorité sans limite même intersidérale sans dépôts de quelque matière soient-ils seuls vrombissements multi-directionnels comme autant de marteaux-piqueurs & scies dissonantes œuvrant dans une ouate ambiante gardant en mémoire ce méta-langage non palpable pour des générations futures & anciennes car cliquettements dans la métaphore du mégaphone polyphone annoncent déjà eh oui la dissolution de l’algorithme du temps…

il était temps

(j’écoute - j’écris - d’un trait : John M. Bennett - Naming The Dust, May 2009 & April 2008 - Cradled in The Big White Phone (La Caja), May 2009)


Note :

John M. Bennett, né en 1942, est un poète américain expérimental qui mêle dans sa démarche le mot, le verbe, le son, le graphisme et le visuel. Il pratique encore me mail-art et aussi c’est un performer. De par le monde entier, il collabore avec de nombreux artistes qui s’inscrivent d’une certaine manière à une démarche quelque peu similaire à la sienne, ainsi depuis la fin des années 2000, assez régulièrement, il a participé successivement aux « pauvres » revues : PASSAGES, Le moulin des Loups et Ffwl Lleuw. Il anime ‘Luna Bisonte Prods’, une petite unité de presse et d’éditions fondée en 1974 qui produit et distribue son propre travail et ses multiples collaborations notamment sonore [la toute dernière en date -2016. : Canto Gràtico DEC.LUMBRESC. ed. Ivan Angel Italiano]. Encore, il est le conservateur et l’archiviste d’un nombre incroyable de documents, de productions relatives à la poésie et musiques expérimentales.