VISITE À JINGLEWOOD
verte nature et corbeau blanc sous ciel bleu
électrique mirent le temps révolu et le criquet duettiste pianotant sur baril
pétrole vidé dont éclosent voix disques symphonies sur ondes radio et voilà et
voilà et voile-la car voici gratte container de paroles complainte complainte
s’enlisse reprend de haute voix cathédrale monastique esthétique ne s’enlise
pas ne pas se plante un instantané avant de continuer au gré du briquaillon
naturelle écrabouillé vers une aventure télé-matesque qui engendre lamento
lamento sans mots à travers un smog de raisons et de résonances le ton est
donné le murmure perdure bâtit son mur plein d’échelles vers le ciel a capella
au-dessus d’une bande-son ersatz de son double chahuteur chroniqueur et criquet
et piano et caisse de raisonnance et hum dam domdom raclement de gorge hum dam
domdom citerne hum dam domdom monologue Mariane oho hoho vrai tremolo cette
fois-ci très très beau semblant au drôlement doux écoulement de ruisseau où
cailloux s’entrechoquent en tic et troc phrases qui cantilènent histoire en
répétition sans session souffle et magnifique départ du retour en mémoire
défilant pleines paroles à tour de rôle et gravillons pas à pas de foisonnants
airs de paroles en corps et…
sous la tente on les laissera incuber dans
pleins d’K7 des mètres cubes d’K7 syndrome ferrichrome jusqu’au nirvana trop de
choix chez les compagnons porteurs de croix à pas d’oie sous ciel couvert de
mirages de passage qui cassent les barrières de sons si jolis ci-joints dans
leur fumée si jojo cocu cocu rico c’est fini c’est à remettre ého ého léon et
léon léon flottements d’écoutilles sur mer morte ohé ohé polyphonique logorrhée
vers marins lointains et sirènes loin des mains vagissements retentissent et
raclements au-dessus des pipes d’orgues marines marines mieux mieux que paloma
là à la radio c’est ça bien bien ça qu’on aime eh hé telle belle chartreuse tom
tom pas paroles par-dessus tam tam paloma pas à pas paloma adieu Saint-Daniel
& Mathieu Daniel & Mathieu ni aux cieux ni dans le cigare nuage craché
du poumon gauche car du poumon droit ça respire comme une vache en flatulence
delite pour une bouchée d’herbe air béat sans suivit sanctifié dans le
citerne-disque enchantant une Marseillaise étendard dans le gras des bataillons
s’écoulant dans des bruissements d’herbe et…
les jouets se révoltent dans la vie connue de la
petite fille connue connue et ça commence commence dans la petite cabane cabane
elle m’a invité invité dans la cabane et la semaine du coucou coucou venue elle
n’est pas venue faire un petit coucou ni en petite voiture ni en petit camion
camion et pourtant il est bien là le conte fantastique par le trou de la
serrure allez loue là et rebelote allez louve là au bord du bord comme Lorelei
amour cuit comme un œuf qu’on a oublié de gober dans le désert de Gobi où jadis
sapins par lapins habités comptaient les flocons tomber alléluia passons à une
aut’ K7 une aut’ oh oh bloqué ou non à l’envers à l’envers aiulélla aiulélla
sonnent mal les matines aut’ K7 K7 ferment les paupières pour les femmes du
monde entier nues comme peau de pêche magnifique magnifique manginificat belle
vierge Marie aut’ K7 marche pas marche marche chansonnette sur bande usée usée
cassée non non bloquée faut-il il faut rembobiner rewind rewind start play
magnétocassette play enregistre rupestre complainte oui oui en corps changé sur
même lignée de voix du môme témoin du rêve d’un rêve on voit on voit en entend
le beau K-do le bellissime K-do et…
autres mots entremots en double stéréo
fantastique couééééé couééée premier Mary Poppins épisode et les 101 Dalmatiens
qui chantent Marie suivi de tout près d’oisillons en canon kwi kwi orchestre
bruiteurs en chœurs des chiens décalés affamés d’un quartier d’os ficelé de
cartilages d’emballage mais deuxième épisode arrive en volume plus plus fait la
course au premier gagne du terrain et tient le flambeau du deuxième refrain en
quadriphonie cette fois-ci soutenue par les cordes aucune peine ni envie enclave le mystère de
cet opéra en quatre actes dans une atmosphère qui survit de plaire
(j’écoute
- j’écris - d’un trait : Jean-Marie Massou - Sodorome, volume 1, date
2016)
Note :
Jean-Marie Massou vit au lieu-dit ‘Limoges’ à Marminiac dans le lot. C’est une
personnalité hors du commun, atypique, un excentrique qui vit en ermite. Un
film de 58 minutes d’Antoine Boutet : Le matériel plein Pays, lui a
été consacré. Jean-Marie Massou est donc un grand solitaire qui durant plus de
trente ans aux alentours de chez lui, durant des décennies, a creusé
d’impressionnantes galeries… Aujourd’hui, l’homme se dit de ne plus avoir les
forces pour continuer à creuser mais entre art brut, art naïf, art spontané, il
continue à produire… notamment du sonore sur des k7 audios, une pratique qu’il
a commencé il y a déjà très longtemps. Olivier Brisson, Julien Bancilhon et
Matthieu Morin de l’association : Vert Pituite La Belle, ont eu l’excellente idée et initiative de
produire, en 2016, sur leur label : La Belle Brute, un double 33 tours vinyle de Jean-Marie
Massou : SODOROME vol.1 dont
nous vous livrons un extrait des notes de la pochette : ‘[…] Entre
complaintes chantées à genoux au-dessus de la citerne enfouie derrière sa
maison et extraits des centaines d’heures de cassettes audio enregistrées sur
plusieurs magnétos, Massou dévoile ici une part de ce qui l’occupe et de ce qui
le préoccupe, l’univers imaginaire de l’enfance et son insouciance autant que
l’imminence de la fin du monde et de ces habitant. […] Il nous a accueilli dans
le chaos organisé de son antre, où on voit que ses cassettes, ses
« rouleaux », sont triés par paquets ficelés à l’élastique avec des
collages ou des dessins sur les pochettes pour se rappeler ce qu’elles
contiennent. On voit que les magnétos sont prêts à servir au rebord du lit ou à
l’entrée, au cas où.'
Contact : vertpituite@gmail.com

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