jeudi 16 mars 2017

MICHAEL ROACH - PLATS DU JOUR [revisité] -12.

LES COULEURS DE MICHAEL ROACH

Vous qui croyez d’ordinaire
Que même avec du sang indien
Les folksingers sont plutôt blancs
Et les bluesmen carrément noir


Devinez la couleur de ce gars-ci
Plus chic qu’un sapeur africain
Qui joue un vieux blues du delta
Au cœur d’un bouquet de cyprès

Avec sa voix de père tranquille
Repeignant les airs d’autrefois
Il en a tiré du trou plus d’un
Qui pensaient qu’ils n’existaient plus

Regardez comme il fait danser
Les volutes de poussière rose
Dans le désert d’Oklahoma
Au son d’un violon cajun

Ici l’histoire de gens simples
Qu’on a chassés de partout
Et qui viennent se mettre au vert
Dans une ballade irlandaise

Là un negro spiritual
Au pied du chevalet d’une mine
Abandonnée du Pays de Galles
Où les temps sont si durs

Dans les docks rouges de Gloucester
Une femme s’est vendue sur E bay
Après des années de chômage
Elle mérite une chanson

Mais pas de tambour ni trompette
Ce gars-ci chante d’homme à homme
Et s’écoute comme au coin du feu
Ou sous la véranda l’été

S’il promène son blues en Europe
C’est qu’il y a partout des gens
Qui ont encore des fers au pied
Et traînent un boulet de misère

Partout où il va il demande
Quel mois au juste est né Jésus
Celui qui doit briser les chaînes
Personne n’ose lui répondre
Francis Carpentier
Note : 

Michaël Roch est né en 1955, à Washington, D.C. ; c’est un chanteur et guitariste de blues qui joue dans le plus pur style du Piemont Blues. À la fin de années 80’s, il s’expatrie au Royaume-Unis où il crée, avec l’écrivain et historien Dr Paul Olivier, l’Association Européenne du Blues dont il actuellement le président et qui a pour but de faire, dans le monde mais essentiellement en Europe, la promotion de la culture afro-américaine à travers le blues. Michaël a également présenté en 2003 «Deep Blues », une série en trois volets à propos du blues, sur les ondes de BBC Radio 4.

Discographie :
-1993. Is Me Not Got No Home.
-1997,The Blinds Of Life.
-2000. Bonne nouvelle Blues.
-2003. Cypress Grove.
-2006. I Betcha.
-2010. Innocent Child.

Tous ces disques sont parus sur le label : Stella Independant Records.

mercredi 15 mars 2017

MAKOTO AYUKAWA - PLATS DU JOUR [revisité] - 11.

ROAD BLUES POUR  MAKOTO AYUKAWA 

Sheena s’est serrée contre toi
quand tu as posé ton cul mince
sur la banquette en moleskine du bus Greyhound.
Dans le studio de Townhouse,
vos voix d’acier fin continuent à courir
au rythme de son tambourin,
sur la route soixante et un.


Wilko Johnson tient son cancer en respect
au bout d’une longue, longue fourchette.
Quand vos guitares se mélangent
en jouant Baby please dont’ go,
pas moyen de savoir laquelle est à qui.
N’as-tu pas écrit un jour : « Le blues,
c’est la musique qui se partage » ?

Muddy Waters est monté dans le bus
à Rolling Fork et il t’a dit :
« Moi je descends à Chicago,
mais Tokyo ce n’est pas si loin,
à peine le temps d’un riff ou deux.
Je viendrai te tenir la main
chaque fois que j’aurai cinq minutes. »

A Clarksdale vous avez passé la nuit
dans le même hôtel que Blind Lemon Jefferson.
Il vous a réveillé en revenant d’un gig,
à force de secouer ses bouteilles de bourbon
pour vérifier, à l’oreille,
que personne n’avait bu de sa gnôle
pendant qu’il s’était absenté.

A Crossroad , c’est Robert Johnson en personne
qui vous a invité à prendre un verre
dans sa cuisine.
Il y avait là cette jolie fille de Rosedale,
que tout le monde a laissée tomber
quand elle s’est retrouvée enceinte,
et dehors il pleuvait.

L’esprit d’Allen Toussaint te chevauche
sous le nom de Naomi Neville,
et c’est le beat de B.B. King qui secoue les rats.
Sur la banquette de moleskine du bus Greyhound
tu fonces à travers les ténèbres
à la poursuite de Sheena
qui s’en est allée en avant.
Francis Carpentier

Notes : 

Makoto Ayukawa est né en 1948 à Fukuoka au Japon ; guitariste, chanteur et compositeur il forme en 1978 le groupe Sheena & the Rokkets dans lequel il recrute sa femme Etsuko au chant. Très vite, après un tout premier album, sur lequel ils figurent une excellent reprise de : You Really Got Me de The Kinks, Ils deviennent l’une des formations les plus populaires du Mentaï Rock. Leur style est une musique à la croisé de la pop et du rock avec une dimension kitsch. De 1979 à 2008, ils sortent 17 albums et une quinzaine de compilations.
Makoto Ayukawa a réalisé 2 disques en solo … [Kool-Solo [1992] et London session #1 & #2 [1993] excellents albums de reprises rocks, rythm’n blues et blues enregistrés avec les complicités de Wilko Johnson et des fidèles, bassiste, batteur, de ce dernier. Il existe aussi un disque en public, au Japon, qui pète le feu.
Christian-Edziré Déquesnes

mardi 14 mars 2017

MUSE HIC ! - 14. SUN RA -


STRANGE STRINGS  MUSIQUE ET DEBORDEMENTS STRANGE STRINGS
À Christoph' Bruneel 
qui m'a fait découvrir cet enregistrement
Puis CELA déborde verticalement de partout la Musique ne serait plus qu'une question de chutes autour de tout ce qui fait du son mais les sonorités rechignent à accepter d'épouser la psalmodie verticale en crissements frottements ou pincements des cordes mais pas seulement il y a les réceptions de l'auditeur pour l'ensemble qui n'est pas si horrible à entendre et à accepter si on chute toujours aux verticales des sons de percussions diverses et comme des tôles métalliques que s'autorise à ouvrir l'esprit à une Musique non rigidifiée par des codes qui excluent le chaos mais l'on agite secoue maltraite puis arrive un chant de gorge sans mot qui semble vouloir s'enrouler de chaos véritable ceux de juxtapositions de sonorités et d'interventions d'instruments qui livrent leur invisible matière secrète dans un cosmos éphémère car le temps de la durée des morceaux de Musique ne seraient pas de la Musique ? Que du bruit ? On peut introduire ici un débat qu'est que désire et conçoit le musicien SUN RA puis tout se poursuit recommence et il me semble que la Musique si l'on se réfère à l'harmonie et au chaos dans l'univers n'est-ce pas CELA ? Mais à quoi bon répondre que ce soit vraiment à la vertical comme des horizons d'attentes vertigineux sans aspérités réelles donc puisque le travail de SUN RA est là a nous faire entendre que la Musique n'est plus que des éclats de percussions qui sautent à la vertical le long des parois d'un mur des sons bien nommés aussi l'écouter finalement de la sorte on a le droit de prendre CELA comme des empilements de questions de chutes verticales à moins que ce soit des montées de colonnades sonores car on peut STRANGE STRINGS de SUN RA aujourd'hui en être acheteur potentiel de ce disque qui a bien du mal a se le procurer car visiblement ce que la majorité des personnes considéreraient comme toujours écoutable pour peu qu'elles trouvent des oreilles qui acceptent de l'entendre anomalie honteuse dans l'histoire de la Musique auraient bien des difficultés à se le procurer à l'accueillir dans son développement son élévation ou sa chute ce qui revient au même ce serait un prix tout à fait raisonnable et c'est le même tarif pour celle ou celui qui pensent que cette Musique donc est juste une histoire d'adoption ou de refus mais ne pas parler d'ouverture ni de fermeture de personne puisque l'ensemble d'une manière conventionnelle rassure en fonction des leçons d'esprit de tolérance ou d'intolérance d'éducation à être sensibilisé ou insensibilisé c'est plutôt des certitudes que l'on prend bien soin de justement bien respecter mais ici ce n'est pas le cas de juste de se laisser porter et là en l'occurrence des sonorités qui rechignent de par la volonté d'harmonie sont toutes à fait harmonieuses en dissonantes cacophonies alors pourquoi est-il plus que toutes autres chose écoutables de toutes les manières toute chose se procure car visiblement ce que la majorité des personnes considéreraient comme n'est pas valoir plus que leur créateur SUN RA d'être dans un agencement conventionnelle qui viendrait surprendre puisque CELA déborde de partout dans la dissonance le décalage la dés-harmonie bien que cet irraisonnable c'est toute une chose difficile de trouver et pouvoir acheter ce disque plutôt qu'un autre qui se vend bien mieux

pourquoi Xtoph' ? 


Note :

Herman Poole Bloust alia SUN RA [1914-1993] est un compositeur , pianiste, multi-clavériste et chef d'orchestre de jazz américain. Sun Ra est célèbre pour ses compositions audacieuses dont on peut affirmer que certaines vont bien au delà du free-jazz et ses performances étaient phénoménales autant pour l'étrange 'philosophie cosmisque' qu'il prêchait que la dimension expérimentale de sa Musique. À la tête de son 'Arkestra', il a enregistré plus de 200 disques sur son label : Saturn, depuis la fin des années cinquante. 
Sa 'philosophie' de dimension mystique et cosmique a eu un impact prépondérant sur l'ensemble de son oeuvre.
Christian.Edziré Déquesnes





 SUN-MUSIQUE & RA-COLLAGE
Collage de S.O.D.A 2017.

C.W. STONEKING - PLATS DU JOUR [revisité] -10.





LE JUNGLE RHUM BLUES DE STONEKING 

Je me souviens de cette nuit-là au Gabon
Nous buvions du rhum de Trinidad
Mon copain le ministre me racontait que quand il était petit
Avant l’arrivée des Blancs qui l’ont envoyé à l’école
Il jouait dans la jungle avec ses cousins les gorilles du village d’à côté
Comme si je ne savais pas qu’il avait passé toute son enfance Neuilly
Mais quand histoire d’avoir quelque chose à dire
Je lui ai parlé de ce type qui élevait des bisons d’Amérique
Dans sa ferme près de chez moi en Normandie
Il s’est fâché en croyant que je me fichais de lui
Figurez-vous que c’est comme ça que j’ai appris
Que pour gouverner un pays
Mieux vaut ne pas connaître la vérité

Jamais je n’aurais mis les pieds en Australie
Si Christian Edziré Dequesnes ne m’avait pas expédié là-bas
Sur un C.D. de Stoneking
A vrai dire je n’ai pas eu le temps de fréquenter les kangourous
Je me suis retrouvé à l’arrière d’un trente-cinq tonnes déglingué
Qui traversait le Congo en suivant le Mississippi
Et j’ai yodlé avec un lion sympa qui jouait du banjo
La chaleur aurait rendu fou n’importe qui
Et l’eau flanquait la colique
Nous buvions du rhum de Marie-Galante
Et puis tout d’un coup un gros singe mal léché
M’a chargé de chaînes et de boulets
Rien que pour m’empêcher de parler

Après que je me sois perdu en vain sur les berges des songes
Après que je me sois cassé le dos pour rien dans la mine aux cauchemars
Après que les bien-assis se soient débarrassés de mes gribouilleries
Dans les flammes de l’enfer de leurs médiocres certitudes
Après qu’ils m’aient en souriant benoîtement condamné
A la solitude d’un désert glacé
Il ne me restait plus qu’à m’enchaîner jusqu’au jour du jugement dernier
Au fond d’une bouteille de 75 centilitres
Et puis ce blues qui danse le calypso
Dans les rues de la Nouvelle Orléans
M’a tiré de là à coups de trombone et d’hélicon
Et j’ai compris que même les aveugles
Ont juste besoin d’un rêve pour y voir clair


Christophe William Stoneking est un guitariste, joueur de banjo et auteur-compositeur australien. Né en 1974 à Katherine, il a été élevé par son père dans la communauté Aborigène de Dapunge jusqu’à l’âge de 9 ans puis ils déménagent à Balmain dans la banlieue de Sydney. Il apprend la guitare à l’âge de 11 ans puis forme son premier groupe à 13 ans. Dès 1991, il donne des concerts. En 1997, il débute sa carrière de guitariste et chanteur de blues en solitaire et l’année suivante il enregistre un premier album dans le pur style Prewar Blues [Blues paru avant 1945]. En 1998, il forme le groupe The Blue Tits. En 2005, il donne à nouveau des concerts en solitaire et enregistre son album King Hokum, Titre qui deviendra le nom du label dont il va être l’instigateur.
À ce jour, C.W. Stoneking réside à Melbourne et a fondé un nouveau groupe : Primitive Horn Orchestra.

Discographie :
  • C.W. Stoneking / [1998] Sur un label indépendant.
  • C.W Stoneking and The Blue Tits [live] / [1999] Sur un label indépendant.
  • Mississippi and Piedmont Blues [1927-1941] / Sur King Hokum Records.
  • King Hokum / [2006] Sur Low Transi Records.
  • Jungle Blues / [2008] Sur King Hokum records.
  • Gon’ Boogaloo / [2014] Sur King Hokum records.

En 2009, C.W. Stoneking a contribué à Hiram and Huddie – Vol.1 et 2, compilations parues sur Hillgrass Blue Billy Records.

lundi 13 mars 2017

BROR GUGNAR JOHNSON - PLATS DU JOUR [revisité] - 9.


CHANSON DE BROR GUGNAR JOHNSON

C’est ta voix moulinée par un vieux gramophone
C’est ta voix diffractée sur une carte son
C’est ta voix veloutée à la Paolo Conte
C’est ta voix noyée dans le whiskey d’une carafe
C’est ta voix qui perce l’obscurité de la caverne
C’est ta voix qui excite un ressort de guimbarde C’est ta voix qui martèle les
                                                                                                          / tambours du Bronx
C’est ta voix qui sonne les trompettes de la révolution zapatiste
Et les cloches de l’enfer se bousculent sous les voûtes de l’iceberg
Lui qui n’a pas de tombe
Lui le sinistre épouvantail pendu à un arbre glacé
De la forêt de cristal
Dans le demi-jour blême du soleil de minuit
Chante pour qu’il reste outre-mort une fois pour toutes
Chante pour qu’il ne revienne plus apporter son enfer sur la terre
Ploc-ploc-ploc-ploc la pluie goutte sur le champ de coton
Chante pour que jamais le fouet d’un commandeur ne me zèbre le dos

Il gémit le serpent il n’est ni blanc ni noir
Ni diable ni bon dieu mordre c’est son destin
Il gémit le serpent pleure de repentir
Mais ses remords n’y peuvent rien
C’est la douceur du printemps qui a fait fondre la neige
Et la crue de son âme qui a tout emporté
Range ton couteau mon frère
Range ton couteau si tu ne veux pas t’en servir
Et lave-toi dans l’eau de tes rêves

C’est ta voix qui hèle les fées dans les vapeurs de la brume
C’est ta voix qui dégèle les mares à feux-follets
C’est ta voix qui chevauche à cru le vent à travers la steppe
Ta guitare s’enfonce pas à pas dans la boue du chemin
Et te conduit où tu dois aller
Tu n’as aucune raison d’avoir peur
Ta mère s’appelle Mary Lee et elle t’a dit
Que les yeux de la grande faucheuse ne se poseront pas sur toi
Car il n’existe pas de cercueil dont tu ne saurais t’échapper

Francis Carpentier

Note :

Bror Gunnar Janson est né en 1986 dans le petit village suédois de Lenum. Très jeune il est initié au blues par son père qui est contrebassiste dans le groupe Serve You to Right to Suffer - ce nom est un hommage à John Lee Hooker dont c’est le titre l’une de ses compositions et l’un de ses très nombreux albums (1965) -. Encore gamin, Bror Gunnar Janson fait ses premières armes dans le groupe de son père, du violoncelle jusqu’à la basse électrique en passant par la contrebasse et le saxophone.
En 2012, sort son premier album solo– à 100 exemplaires mais réédité depuis -. C’est l’album d’un homme-orchestre qui comme sur scène permet de découvrir un blues âpre et épuré que Bror Gunnar Janson interprète seul en jouant en même temps de la guitare, de la grosse caisse et tout en chantant. Il est tout aussi talentueux dans ses propres compositions que dans ses adaptions de classiques traditionnels auxquels il apporte indéniablement une touche très personnel que l’on peut qualifier de « près de l’os ». En 2014, son second album : Moan Shake Moan, confirme que Bror Gunnar Janson est l’une des jeunes valeurs les plus solides du blues actuel et qui nous permet de constater que le blues le plus authentique n’est toujours pas moribond.
Christian-Edziré Déquesnes

dimanche 12 mars 2017

SCOTT H. BIRAM - PLATS DU JOUR [revisité] - 8.



LE TEXAS BLUES DE SCOTT H. BIRAM

Ecoutez ce drôle de blues
Qui court à travers les prairies du Texas
Comme dans un film des frères Cohen
New York c’est la porte à côté
Même si chacun reste chez soi
Suffit d’allumer ta télé
Ou ton smartphone
Pour l’écouter

Les nègres on les fourre en prison
Les latinos suivent le même chemin
La dope n’a pas d’autre raison d’être
Le vieux pays est devenu un désert d’humanité
Le blues n’est qu’une île au milieu de rien
Un port de nulle part
Où l’on s’embarque pour l’inconnu
Dans l’espoir de trouver mieux

Si ce n’est qu’une question de couleur
On a du bleu on a du vert
On a du jaune et le rouge ne nous fait pas peur
On a des rêves plein la tête
Et du courage à revendre
Avec un peu de bonne volonté
Qu’est-ce qui nous empêcherait
De repeindre le monde à notre goût

Vas-y gueule gueule un bon coup
Quand on sent que tout va de travers
Faut pas avoir peur de gueuler
De cracher ce qu’on a sur le cœur
Ça soulage et ça évacue
Ça permet de passer à autre chose
Ça peut même donner des idées
Plus efficaces que des bombes

Et si tu ne trouves pas un meilleur moyen
De vider ton sac
Grimpe sur le plateau de ce pick-up
Qui dévale la route vent debout
Et roule tout droit vers l’aventure
En raclant les cordes de ta guitare
Mais surtout ne va pas l’échanger
Contre une mitrailleuse 12,7.

Notes :

Scott H. Biram est né en 1974 à Lockhart au Texax où il a grandi. En 1997, il obtient un diplôme en art à l’université du Texas. Il a été membre du groupe punk The Thangs et de deux groupes de bluegrass, Scott H. Biram & the Salt Peter Boys et Bluegrass Drive-By. Ensuite dès 2000, il entame une carrière de One-Man-Band (homme-orchestre qui se produit seul) en tant que chanteur, guitariste, harmoniciste, percussionniste… et auteur-compositeur de chansons blues et country. Son style sauvage et sans fioritures s’inspire des grands noms du blues dont il reprend souvent des titres mais ses propres compositions sont aussi influencées par la country, le gospel et le punk. Sur scène, il adopte une attitude très rock’n roll qui lui fait dire : Je suis assez fier d’avoir la capacité d’exprimer librement mes émotions sans retenue. De nos jours, trop de chanteurs ont des petites voix timides comme si ils n’arrivaient pas à chanter à plein poumons. À ce jour, à l’actif de Scott H. Biram, on compte 8 albums enregistrés entre 2000 et 2014… Et tout est bon à prendre !

samedi 11 mars 2017

ROLAND VAN CAMPENHOUT - PLATS DU JOUR [revisité] - 7.



EN BUVANT DES STOUTS AVEC ROLAND VAN CAMPENHOUT 

Une nuit dans un bar d’Anvers
Arno chantait La Paloma
Dans toutes les langues de la terre
J’écoutais en buvant des stouts
Avec Roland Van Campenhout
Il suffit qu’un accordéon
Se mette à chanter dans la rue
Pour que les nuages tombent d’accord
Le blues danse le flamenco
Sans lui demander ses papiers

Une nuit dans un bar d’Anvers
Un beau marin américain
Assis sur un haut tabouret
Buvait de grands verres de whisky
Il réclamait Que du meilleur !
Le barman lui servait du plus cher
Pour éponger son vague à l’âme
Ce gars-là m’a demandé mon cœur
Mais je l’avais déjà donné
Alors je lui ai juste serré la main

Une nuit dans un bar d’Anvers
Une bouteille m’a dit Bois-moi !
Je me suis payé une colique de rire
En avalant cul sec son jus de citron 
Mélangé à du lait de coco
Quand j’en ai assez du gris rose bonbon
Quand j’ai envie de vivre toutes les couleurs
Je m’amuse à peindre des tableaux
En faisant glisser des mots
Sur des cordes de guitare

Une nuit dans un bar d’Anvers
Où Paul Peters tuttait des pils
Un shipbroker très honorable
Recherchait un scaphandrier
Pour récupérer un paquet de cocaïne
Collé sous la coque d’un cargo bolivien
Les douaniers l’ont tiré d’embarras
Rien de mieux que les business
Pour que les poètes aient des histoires
Invraisemblables à raconter

Une nuit dans un bar d’Anvers
J’ai rencontré Henri Michaux
Qui promenait une baudruche d’ange
En cherchant un poème perdu
Dans un rêve de Philippe Lemaire
A force de brûler sous mes pneus
Le bitume des autoroutes
Mon âme s’est remplie d’océans
Et je déplie mes horizons
Quand je rentre au pays natal


Une nuit dans un bar d’Anvers
Jacques Josse trinquait à la Porter
Avec l’ombre de Ferré Grignard
En écrivant Les Buveurs de Bière 
Le bougalou fait danser les brouillards
Des bayous de la Mer du Nord
Et des fantômes de toutes les couleurs
Chantent sur les cordes de ma guitare
Ce pont qu’ils ont jeté d’un continent à l’autre
Dessine un grand arc en ciel dans le beau ciel bleu
Francis Carpentier


Note : 

Roland Van Campenhout, dit aussi Roland, est un chanteur, guitariste, harmoniciste et auteur-compositeur belge, né à Boom (banlieue d’Anvers) en 1945. Fils d’un musicien de jazz qui décède alors que Roland n’a que 5ans. Il quitte le domicile familial à l’âge de 14 ans et découvre le rock’n roll, le folk, la country et le blues en 1969 ; sa découverte de Bob Dylan le marque profondément. Dès 1965, il a déjà monté un groupe de skiffle : William & Roland Skiffle Group. Derroll Adams [l’une des figures majeures de la scène folk du Greenwich Village de New-York] qui vient de s’installer à Anvers, l’engage comme guitariste et harmoniciste. En 1969, Roland qui a découvert le blues, va créer le : Blues Workshop. À la même époque, il côtoie régulièrement une autre figure importante de la scène folk et blues de Belgique, Ferre Grignard ; ensemble ils verront, au légendaire café De Muze à Anvers, John Lee Hooker. Durant les années 70 et 80, Roland Van Campenhout se forge une réputation de musicien itinérant voyageant et jouant de bar en bar, il donne beaucoup de concerts, il sort plusieurs albums et il héberge chez lui, à Gand, tous les grands artistes qui transitent par la Belgique, Tim Hardin, Jon Anderson, John Martin, Louisiana Red, Sunnyland Slim, Alex Camphell, James Booker [mentor de Doctor John] et Rory Gallagher ; ce dernier est subjugué, en 1974, par la prestation de Roland lors d’une première partie de l’un de ses concerts, ils deviendront amis et Rory Gallagher restera 6 mois chez Roland. 25 ans plus tard, on les retrouve ensemble sur l’album acoustique Rory Gallagher.

De 1990 à 1991, Roland Van Campenhout fait partie du projet d’Arno Hintjens : Charles et les Lulus. L’album et les concerts sont mémorables ! 
Arno qui en 2004 
produira l’excellent album Lime & Coconut de son Camarade Roland et sur lequel ce dernier reprend  Spider & Ffy de The Rolling Stones

Depuis Roland Van Campenhout à 71 ans est toujours aussi prolixe de par de disques, de concerts en solo ou dans des projets collectifs [Roland adore les collaborations [De nomaden van de muziek [2000], album avec Wannes Van de Velde. Album Waterbottle [2001] avec le groupe El Fish du talentueux harmoniciste Steven De Bruyn [en duo, ils donneront quelques fabuleux concerts] . Album The Great Atomic Power [2005] enregistré en Afrique à Mombasa & Naibori avec des musiciens du cru dont ceux du groupe Yunani. [avec ces derniers Roland offrira une soirée exceptionnelle à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. L’album Fortune Cookie [2010] avec Steve De Bruyn [harmonicas, resonator guitar et voix] et Tony Gyselinck [Batterie et percussion]. Album en public à Cologne : Dah blues iz-a-comming… [2012] avec Steve De Bruyn [harmonicas] et Pascale Michiels [Da ruan, Zhongruan, Flute chinoise en bambou et voix. Album en public enregistré à Cologne : Just Another Place In The Universe…[2014] avec Richard Bargel [guitare] et Nils de Caster [violon], en parallèle de cet album est paru un fantastique 25 cm sur lequel Roland reprend de manière magistrale le traditionnel du folk-blues : Frankie & Johnny. Avec De Piepkes [un trio « pour les enfants » formé de Frederik Sioen, Pieter-Jan De Smet) Roland a depuis 2014 sorti 3 albums. Signalons aussi que Roland Van Campenhout avec Trijn Janssens, ont produit l’extraordinaire premier album de Lady Angelina d’Anvers.


Pour celles et ceux qui désirent découvrir les facettes multiples et directions dans lesquelles Roland Van Campenhout a porté son blues nous vous recommandons les compilations suivantes :

-Roland An Anthology : Day By Day – Blow By Blow [1994]. Double cd pour 34 titres sur le label BMG].

- Essentiel [2005]. Un cd pour 12 titres sur le label EMI.

-Parcours [2009] Double cd pour 38 titres qui sont exclusivement des versions alternatives, des compositions pour des bandes son de films et des live [notamment une version époustouflante de Pieter Breughel In Brussel de Wannes Van de Velde] sur le label Capitol/EMI. 
SINON SCOOP !...
...ROLAND VAN CAMPENHOUT SERA À SAINT AMAND-LES-EAUX (59)
LE VENDREDI 7 AVRIL 2017 POUR 2 'GOÛTER-CONCERTS' GRATUITS.
[l'un à 16h45 et le second à 17h5]
ESPACE JEAN FERRAT en face de la médiathéque
Renseignements, réservations et contact : slecabon@mediatheque-st-amand-com