mercredi 8 mars 2017

MUSE HIC ! 11. - ANGUS MACLISE - Je suis n'y reste.

JE SUIS N’Y RESTE

une descente sous escalier en désescalade d’une pente sans aucun mime dans les parages ni quelqu’un d’autre rien qu’une dégringolade s’éclatant d’un mini-hoquet de saute-mouton agnelant une demi-portion martelée à coups de cabri excavant à son tour oui à chacun son tour un frère Jacques compostellé sous une chape de béton désarmé par un tapage nocturne sans aucun musicien dans les nuages ni quelqu’autre individu rien que du tintamarre essayant d’amarrer à l’organeau d’une encre sympathique pour découvrir un pied-à-terre ne fût-ce que pour faire connaissance avec les lieux qui permettra de voir naître une autre connaissance de cause rationnelle à l’effet contemplatif justement dans la cantine où dans une pièce voisine une radio-transmission en temps réels couvre quand bon lui semble une voix d’homme prenant la parole rendant le déroulement du premier acte dont il est le seul figurant c’est-à-dire un moins abstrait personnage bien debout remuant ses orteils pour se donner une certaine consistance un bonhomme qui s’est donné comme nom je suis aimant bien s’écouter raconter une autre vie de lunatique face-à-face lui je suis et eux ils sont d’un sentiment d’urgence je suis s’enferme dans la chambre de combustion interne de ses désirs qui se kaléidoscopent en joujou casse-tête chinois qui à son tour oui probablement un tour de magie porte ombre à la machine à pistons je suis à terme n’y reste n’y laissant même pas une empreinte d’épiderme de fait s’en allant une idée uni-directionnelle dans la tête qui ne mènera probablement nulle part à moins qu’un deuxième acte lui laisse la place d’agir ce qui n’est pas encore le cas soi-dit en passant où je suis pourrait-il déambuler à présent une chinoiserie pourrait-elle le mettre en transe musique muet ou est-ce qu’un menuet sous lsd ferait l’affaire je suis n’en fait qu’à sa tête et surfe d’onde en onde courte sur la radio-transmission dont cette fois-ci il prend le contrôle à fond les manettes s’auto-électrocute à faibles fiables doses et multiples sources s’enivre de déballages et décalages en circuits fermés orchestre des plaintes d’outre-tombe au fléau granule le désordre infra-musical bactérien prend les alvéoles en chambre d’écho prévoit la chute en pied de nez et tape et tape tapuscrit suivant une gamme définie et alimentée par une soufflerie buccale finalement je suis au deuxième acte s’explique son calendrier de jour en jour de la première lettre lue au dernier mot tu de la terre à la mer passant par le ciel de l’insignifiance au poème oublié de la bouteille et son verre du vide et du plein

(j’écoute - j’écris - d’un trait : Angus MacLise - The Cloud Doctrine, 1963-1976)
Note :

Angus MacLise [1938 – 1979] est un percussionniste mais surtout un compositeur de Musiques électroniques d’avant-garde. Dans la première moitié des années soixante, il est membre du collectif de Musiques expérimentales Dreams Syndicate aux côtés de La Monte Young, Tony Conrad et John Cale ; ce dernier lui propose de rejoindre le groupe qu’il est train de monter avec Lou Reed : The Velvet Underground mais Angus Maclise ne reste que quelques mois au sein de la formation et seulement quelques démos témoignent de son passage au sein du groupe qui allait devenir au fil des décennies mythiques. Du vivant d’Angus MacLise, un seul disque est paru en 1972 : The Invasion of Thunderbolt Pagoda [ré-édité en cd en 1999] qui est la bande sonore d’un peu moins d’une trentaine de minutes d’un film d’avant-garde ; néanmoins Angus MacLise a suffisamment enregistré pour, qu’entre autre, paraissent en 2003 un double album cd de 159 minutes au total : The Cloud Doctrine  composé d’archives qui s’échelonnent sur une période de 1963 à 1976, elles proviennent de la collection privée de Tony Conrad, ce dernier a lui-même remastérisé les enregistrements qui ont été édité sur le label : SUB ROSA [SR182]. Il s’agit vraiment, là, de Musiques électroniques expérimentales que certains aisément définissent de bruitistes ou d’industrielles, ce qui une certitudes c’est que l’œuvre d’ Angus MacLise se placent aux antipodes des codes et convenances établies dans des musiques dites classiques ou traditionnelles ou encore même modernes et populaires.
D'une personnalité fortement mystique, Angus MacLise était aussi poète comme en témoigne : Universal Solar Calendar, l'avant dernière plage du second disque de : The Cloud Doctrine.

mardi 7 mars 2017

SKIP JAMES - PLATS DU JOUR [revisité] - 3.


 

Cache-cache blues

Toujours la même histoire
Qui remonte du fond des champs de coton
Celle d’un type qui a bu tout son grain
Parce qu’une femme l’a laissé tomber
Et qu’il n’a plus le cœur à semer
Sa terre est un champ de poussière
Où ne poussent que des drames
Pourtant la voix haut-perchée de Skip James
Y cueille de la gaité malgré tout

Il a pris le train pour Chicago
Où il travaille aux abattoirs
A force de charrier des tripes et des boyaux
Il s’est mis plein de sang dans les yeux
Et tout le whisky du monde
Ne suffirait pas à les laver
Mais en entendant les doigts de Skip James
Sautiller sur les cordes de sa guitare
Il se dit que la vie a du bon

Les mains dans le cambouis d’une usine à Détroit
C’est comme s’il avait encore des fers aux pieds
Ce qui démolit un homme
C’est d’être traité comme rien du tout
Et traîner dans les bars n’arrange rien
Quand on joue à cache-cache avec le diable
On serait sûr de ne jamais gagner
S’il n’y avait pas les touches du piano bastringue
Qui font espérer mieux en dansant des claquettes

Quant à cette fille qui volète d’homme en homme
Dès qu’elle voit briller dans leurs mains des dollars
Cette fille qui finira par se brûler les ailes
Aux feux du plus salaud d’entre eux
Il suffit que la voix haut-perchée de Skip James
Chante le début de son histoire
Guitare et piano connaissent la suite
Et quand tout le monde reprendra le refrain en chœur
Cette chanson ne sera plus tout à fait un blues triste

Francis Carpentier

Note :

Nehemiah Skip James est né le 9 juin 1902 à Bentonia [Mississippi] où il grandit. Il apprend la guitare à la fin de son adolescence auprès d’un musicien du cru, Henry Stuckey, puis il commence peu après l’apprentissage du piano sous la tutelle d’un ancien artiste de L’Arkansas, Will Crabtree. Musicien professionnel dès 1924, il enregistre en 1931 selon des sources différentes de 26 à 70 chansons pour Paramount Records mais à ce jour il n’en reste que 18. La même année la firme fait faillite. Skip James n’est pas intégralement payé alors il entre dans les ordres devenant pasteur. On n’entend plus parler de lui jusqu’en 1964, année ou grâce au guitariste Ishman Bracey, on le retrouve dans l’hôpital d’une petite ville du Mississippi. Il est atteint d’un cancer qui finalement aura raison de lui quelques années plus tard. Il meurt le 3 octobre 1969 à Philadelphia (Pennsylvanie). Entre temps, redécouvert, il se retrouve programmé notamment au festival de Newport alors qu’il n’avait plus joué depuis plusieurs décennies ! Mais Skip James n’avait pas épuisé toutes ses ressources et les 2 disques qu’il enregistre alors son largement à la hauteur des plages gravées en 1931. Son jeu de guitare semble encore plus fascinant : son jeu est une transcription pianistique de ce qu’il fait habituellement à la guitare. Quand il évoque son cancer dans des titres comme Washington D.C Hospital Center Blues ou Sick Bed Blues, il place immédiatement l’auditeur dans l’univers de la souffrance et de la mort. L’année de sa mort, en 1969, Eric Clapton avec son groupe Cream reprend I’m So Glad dont le succès fait connaître à titre posthume à un public beaucoup plus large le talent et le génie de Skip James dont la musique est la plus étrange, mystérieuse du blues acoustique [il s’est toujours accompagné seul à la guitare ou au piano]. Son répertoire est certainement le plus sombre, le plus profond et spirituel, le plus dépressif de toute l’histoire du blues [il court la rumeur qu’un autre génie, pour le coup du folk anglais, le jeune Nick Drake l’aurait longuement écoutée avant d’enregistrer et de se suicider dans les années 70’s].
Skip James avait la mort dans sa voix ; sa musique, d’une implacable pureté, d’un intimisme sans précédent glace les sangs. Le dénuement total de cette voix de spectre est véritablement terrifiant. Skip James s’exprimait dans le Bentonia Style dont on ne sait pas d’où il venait, espèce d’anomalie régionale. Le chant en falsetto, plus soufflé que chanté, et le jeu de guitare – le sien spécialement – est unique : des basses très complexes, à la rythmique inédite, semblent heurtée mais en fait impeccablement réglée, alternant des aigus cristallins en cascades ou en dissonance. Le tout donne une grande impression de malaise, tous les blues sont interprétés dans une tonalité mineure, la voix en falsetto improvise des mélodies d’une tristesse sans nom sur des paroles d’halluciné. Les titres Devil Got My Woman, Cypress Groove Blues, Hardtime Killing Floor Blues ou Look At The People Standing At The Judgement sont déjà tout un programme.

Christian-Edziré Déquesnes



Discographie officielle :

  • Skip James/The complete 1931 recording sur Body & Soul Records

  • Today ! [1966] Recording sur Vanguard Records.

  • Devil Got MyWoman [1966] Recording sur Vanguard Records.

  • Studio Sessions/Rare & Unreleased [19 titres enregistrés en 1967) paru en 2003 sur Ace Records




lundi 6 mars 2017

RORY BLOCK - PLATS DU JOUR [revisité] 2.



LES REGARDS DE RORY BLOCK 

Elle m’agace elle m’agace
Cette belle grande femme aux yeux malins
J’aurais bien aimé qu’elle me berce
Comme me berçait ma maman
Sans me demander quelles bêtises j’ai bien pu faire


Elle m’agace elle m’agace
Cette longue fille aux longs cheveux
C’est la grande sœur de mon meilleur copain
Elle me traitait comme un gamin
Alors que je rêvais de lui faire un enfant


Elle m’agace elle m’agace
La grande copine de ma femme
Il aurait fallu qu’elle soit ma sœur
Pour que je puisse l’aimer franchement
Sans avoir à me torturer l’âme


Elle m’agace elle m’agace
A sa façon de glisser ses doigts
Sur les cordes de sa guitare
Comme si c’était sur mon cœur
Qu’elle venait cueillir sa musique


Elle m’agace elle m’agace
Avec ses mains de Jeanne Marie
Mains blanches que l’hiver tanna
Comme les mains de ma grand’mère
J’aimerais tant les embrasser

Elle m’agace elle m’agace
Avec ses airs de ne pas me voir
J’irais à pied jusqu’à Jérusalem
Sans boire une seule goutte de whisky
Si seulement elle daignait me jeter un regard
Francis Carpentier


Note :


Aurora « Rory » Block est née en 1949 à Princeton dans le New Jersey. Elle est chanteuse et guitariste de blues, sa technique sur les cordes de son instruments est impressionnante, tout comme ses prouesses vocales. Jeune, elle a étudié la guitare classique mais à l’âge de 14, elle commence à être fascinée par les blues du delta du Mississippi. À l’âge de 15 ans, elle quitte la maison familiale pour aller à la recherche des derniers géants du blues… Elle rencontre Mississippi John Hurt, Reverend Gary Davis et Son House. Elle perfectionne sa technique pour jouer le blues. Elle s’installe à Berkeley en Californie où elle joue dans les clubs et les bars. Elle enregistre sous le nom de Sunshine Kate, à l’âge de 16 ans, son premier album : How To Play Blues Guitar. Depuis elle a réalisé plus d’une trentaine d’albums dont depuis 2006 une série remarquable de 6 disques en hommage à quelques une des figures les plus importante du blues.

Christian-Edziré Déquesnes



-The Lady & Mr. Johnson /A Tribute to Robert Johnson – 2006 sur le label Rykodisc.

Puis sur le Label Stony Plain Records, successivement…
-Blues Walkin’ / A Tribute to Son House – 2008.
-Shake’ Em On Down / A Tribute to Mississippi Fred Mc Dowell – 2011.
-I Belong To The Band / A Tribute to Rev. Gary Davis – 2012.
-Avalon / A Tribute to Mississippi John Hurt – 2013.
-Hard Luck Child / A Tribute to Skip James – 2014.
-Keepin' Outta trouble/ A Tribute to Bukka White – 2016.

dimanche 5 mars 2017

ELIZABETH COTTEN - PLATS DU JOUR [revisité] - 1.



À partir de ce jour et jusqu'au 19 mars, NOUS allons redonner via le blog : L'Orchestrophone, les 14 poèmes et commentaires de Francis Carpentier et Christian-Edziré Déquesnes qui ont constitué le supplément : PLATS DU JOUR du n°7 de Ffwl-Lleuw. Tous les poèmes sont de Francis Carpentier, sauf le n°14 de Christian-Edziré Déquesnes qui lui signe tous les commentaires et notes. Les vignettes sonores et visuelles choisies et diffusées via cette nouvelle série sont différentes des titres retenus qui ont fait l'objet des deux compilations disques compacts qui accompagnent le livret (épuisé) : PLATS DU JOUR. 
À la suite de cette série, nous donnerons quotidiennement, sur le même principe, des vignettes sonores et visuelles sur les disques retenus qui font l'objet du supplément : MUSE HIC ! VOUS, appelez CELA de la Musique, VOUS ?" du n°8 de Ffwl-Lleuw qu'on réalisé Christoph Brunell de L'âne qui butine et Christian-Edziré Déquesnes.

SAINT-AMAND BLUES

ù es-tu passé l'ami ?
tu as filé entre haut et bas
en disant attends-moi-là
j’ai attendula nuit est tombée
une nuit de petit poucet et bon sang
c’est toi qui portais les cailloux blancs

j’aimerais retrouver cette source
que nous avions dénichée sous ce roncier
son eau sentait l’œuf pourri
mais donnait une pèche d’enfer
chaque fois que j’en buvais
j’étais tout fier d’avoir volé
un peu de son souffre au diable

planté là au milieu du chemin
j’ai failli prendre racine en buvant des coups
avec la horde des cauchemars
puis Elisabeth Cotten est passée
elle m’a débourbé de la route où tout va mal
en pinçant les cordes à l’envers de sa guitare
Francis Carpentier

Note : 

Surnommée Libba, Elisabeth Cotten [1895-1987] est une blueswomen américaine d’origine Noire, aussi à l’aise dans le blues que le folk. Son originalité tient au fait qu’autodidacte, elle ne connaissait aucune technique conventionnelle. Gauchère, elle tenait sa guitare à l’envers, ce qui l’obligent à jouer les mélodies avec le pouce, les basses avec les autres doigts. Sa technique spéciale fut nommée Cotten Picking.

Née à Carboro en Caroline du Nord, à l’âge de sept ans Elisabeth Cotten fait ses premiers pas en musique avec le vieux banjo de son frère. À huit ans, après avoir mis un peu d’argent de côté, elle s’offre, Stella, sa première guitare. À partir de 10 ans, elle écrit ses premières chanson dont : Freight Train qui est devenu un classique. Elle se marie en 1910 mais elle cesse de jouer de la guitare pendant près de 25 ans. C’est seulement dans la seconde moitié des années 50 qu’elle enregistre ses chansons pour le label : Folkways Records. Dans les années 60, elle donne de nombreux concerts aux côtés de grands noms comme Mississippi John Hurt, John Lee Hooker et Muddy Water lors du festival folk de Newport et du Smithsonian Folkways Américan Folk Life.
Christian-Edziré Déquesnes

Discograhie :

Freight Train & other North Carolina Folk Songs & Tunes – Smithsonian Folkways Records.

Shake Sugaree – Smithsonian Folkways Records.

Live ! – Arhoolie Records.

Vol.3 : when I’m Gone – Smithsonian Folkways Records.

BONUS

samedi 4 mars 2017

...WEST COAST, LET ME TELL YOU ABOUT THE BLUES...

Chaque excellent volume, il y en a 9 ! , de la collestion
LET ME TEE YOU ABOUT THE BLUES...
...présente une région ou ville 
et l'histoire de l'évolution de sa musique blues...
...en un coffret 2 disques compacts, 75 titre
et bien souvent de remarquables bluesmen méconnus,
tombés dans l'oublie et CELA pour une somme modique.
Ce jour, NOUS vous présentons extrait du volume : West Coast.
Les autres volumes sont consacrés à : Chicago, New York,
Atlanta, Memphis, au Texas, Nasvhille, 
La Nouvelle Orleans et Detroit.

vendredi 3 mars 2017

DU MALI AU MISSISSIPPI

NOUS REPRENONS ICI LE TITRE DU FABULEUX FILM DE MARTIN SCORSES
Du Mali au Mississippi




Extrait du film : Du Mali au Mississippi de Martin Scorsese.