JE SUIS N’Y RESTE
une descente sous escalier en désescalade d’une
pente sans aucun mime dans les parages ni quelqu’un d’autre rien qu’une
dégringolade s’éclatant d’un mini-hoquet de saute-mouton agnelant une demi-portion
martelée à coups de cabri excavant à son tour oui à chacun son tour un frère Jacques
compostellé sous une chape de béton désarmé par un tapage nocturne sans aucun
musicien dans les nuages ni quelqu’autre individu rien que du tintamarre
essayant d’amarrer à l’organeau d’une encre sympathique pour découvrir un
pied-à-terre ne fût-ce que pour faire connaissance avec les lieux qui permettra
de voir naître une autre connaissance de cause rationnelle à l’effet
contemplatif justement dans la cantine où dans une pièce voisine une radio-transmission
en temps réels couvre quand bon lui semble une voix d’homme prenant la parole
rendant le déroulement du premier acte dont il est le seul figurant
c’est-à-dire un moins abstrait personnage bien debout remuant ses orteils pour
se donner une certaine consistance un bonhomme qui s’est donné comme nom je
suis aimant bien s’écouter raconter une autre vie de lunatique face-à-face lui
je suis et eux ils sont d’un sentiment d’urgence je suis s’enferme dans la
chambre de combustion interne de ses désirs qui se kaléidoscopent en joujou
casse-tête chinois qui à son tour oui probablement un tour de magie porte ombre
à la machine à pistons je suis à terme n’y reste n’y laissant même pas une
empreinte d’épiderme de fait s’en allant une idée uni-directionnelle dans la
tête qui ne mènera probablement nulle part à moins qu’un deuxième acte lui
laisse la place d’agir ce qui n’est pas encore le cas soi-dit en passant où je
suis pourrait-il déambuler à présent une chinoiserie pourrait-elle le mettre en
transe musique muet ou est-ce qu’un menuet sous lsd ferait l’affaire je suis
n’en fait qu’à sa tête et surfe d’onde en onde courte sur la radio-transmission
dont cette fois-ci il prend le contrôle à fond les manettes s’auto-électrocute
à faibles fiables doses et multiples sources s’enivre de déballages et
décalages en circuits fermés orchestre des plaintes d’outre-tombe au fléau
granule le désordre infra-musical bactérien prend les alvéoles en chambre
d’écho prévoit la chute en pied de nez et tape et tape tapuscrit suivant une
gamme définie et alimentée par une soufflerie buccale finalement je suis au
deuxième acte s’explique son calendrier de jour en jour de la première lettre
lue au dernier mot tu de la terre à la mer passant par le ciel de
l’insignifiance au poème oublié de la bouteille et son verre du vide et du
plein
(j’écoute
- j’écris - d’un trait : Angus MacLise - The Cloud Doctrine, 1963-1976)
Note :
Angus
MacLise [1938 – 1979] est un
percussionniste mais surtout un compositeur de Musiques électroniques d’avant-garde.
Dans la première moitié des années soixante, il est membre du collectif de
Musiques expérimentales Dreams Syndicate aux côtés de La Monte Young, Tony Conrad et John Cale ; ce
dernier lui propose de rejoindre le groupe qu’il est train de monter avec Lou
Reed : The Velvet Underground mais Angus
Maclise ne reste que quelques mois au
sein de la formation et seulement quelques démos témoignent de son passage au
sein du groupe qui allait devenir au fil des décennies mythiques. Du vivant d’Angus
MacLise, un seul disque est paru en
1972 : The Invasion of Thunderbolt Pagoda [ré-édité en cd en 1999] qui est la bande sonore d’un peu moins d’une
trentaine de minutes d’un film d’avant-garde ; néanmoins Angus MacLise
a suffisamment enregistré pour, qu’entre
autre, paraissent en 2003 un double album cd de 159 minutes au total : The
Cloud Doctrine composé d’archives qui s’échelonnent sur une période de 1963 à
1976, elles proviennent de la collection privée de Tony Conrad, ce dernier a
lui-même remastérisé les enregistrements qui ont été édité sur le label : SUB ROSA [SR182]. Il s’agit vraiment, là, de Musiques
électroniques expérimentales que certains aisément définissent de bruitistes ou
d’industrielles, ce qui une certitudes c’est que l’œuvre d’ Angus MacLise se placent aux antipodes des codes et
convenances établies dans des musiques dites classiques ou traditionnelles ou
encore même modernes et populaires.
D'une personnalité fortement mystique, Angus MacLise était aussi poète comme en témoigne : Universal Solar Calendar, l'avant dernière plage du second disque de : The Cloud Doctrine.

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