lundi 10 avril 2017

MUSE HIC ! - 10. LOU REED - S'en va parti pris.


S’EN VA PARTI PRIS

ultime envol pour & vers l’éternité de nuit et jour né sous sons amplifiés stridulés glissants sur sol battu l’omelette brouille la piste ouragan s’en mêle s’en suit l’anguille sans roche équilibre l’accès pourfend les champs d’actions suivant la ligne de tir à travers un but transparent d’idées non conçues sur rendez-vous même pris bien en avance et ça continue à se mouvoir comme un miroir qui ne reflète rien que le vide qui attire en automne les feuilles mortes vers le sol et un avenir composté et qui surtout te mène en vrille voir ailleurs au-delà des micro-tonalités se déploie une matière primaire inconnue au velouté des six sens qui nous soutiennent dans une bulle divagante sur la dite matière qui assimile notre corps et surtout notre âme pour la partager avec tant d’autres qui nous précédèrent en attente de tant d’autres qui arriveront dans cette sorte d’élasticité sans frontières qui nous téléporte vers des lieux où nous attend la confrontation avec l’innommable, oui, rien que ça… 

… la fin ne pointe point son nez tant qu’on ne l’a pas sonnée, alors, pourquoi attendre ? …

hors temps se véhicule cet univers dont seul l’ouïe parfois se fait surprendre tendresse sans stress à s’y méprendre sur lame de fond s’étire sans grandir ni frémir vers l’infini

(j’écoute - j’écris - d’un trait : Lou Reed - Metal Machine Music / an electronic
instrumental composition, 1975)

Note : 

1975 ! 2 années après la parution de son « symphonique » chef d’œuvre ‘Berlin’ et un plus anecdotique ‘Sally Can’t Dance’ [1974], Lou Reed livre un double 33 tours ‘METAL MACHINE MUSIC’ [sur le label RCA] ; 4 faces sont que Lester Bangs, génie de la critique et chronique rock définit comme « […] une sorte d’acte antisocial ultime. Et il poursuit […] Lou veut faire une musique qui vous contraigne à la ressentir et à quitter la pièce. […] devrais-je aussi mentionner que j’aime cet album. Pourquoi ? Parce que je suis un fana de la Mort Insectoïde. […] et Lou joue de l’ampli au même titre qu’il joue de la guitare. Vous savez, quand vous êtes si tendu et si tourmenté par l’angoisse que tous les nerfs de votre nuque se nouent en une boule brûlante ? Eh bien, si elle pouvait faire de la musique, elle sonnerait comme cet album. […] maintenant il vient de sortir cette migraine, qui ne passera en radio nulle part, et qui va se planter si fort qu’en comparaison ‘Berlin’ aura l’air d’un album d’Elton John. […] un vœu de mort est accompli sous nos yeux, commercialement parlant.  Opus en 4 actes de stridences et de larsens en boucles, cet album finalement s’impose au fil des décennie comme un ‘grand classique’, un total Objet Sonore Non Identifié [O.S.N.I !?].

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