jeudi 13 avril 2017

MUSE HIC ! - 13. JOHN CALE


ALIGOT DANS LE CARGO

non pas de choucroute pot pourri non plutôt effilement d’asperges d’arpèges monosyllabiques dépiautées dépecées et pour finir engrossées de leurres dématérialisants suscesptibles de déclencher quelques spectres d’ondes d’un autre monde surfant sur des bandes de papier métallisé ainsi magnétisant l’encéphalogramme comme partition d’un peuple d’avenir de consistance aucune même pas poussière redevenue poussière ou serait-ce le coup d’état réussi d’un trou noir vu le bruit assourdissant strident piquant mordant qui règne dans cet univers qui nous mène en bateau sans voile ni squelette néanmoins fortement armé d’essaims à répétition dévastatrice pour ceux qui ont l’écoute du mainstream préférant à baisser la culotte que de remonter les bretelles mais bizarrement oui vraiment étonnamment le ton baisse remonte l’audibilité dansent les fréquences une sorte de passe-pied sur papier mâché timbré de vergeures et pontuseaux pour une transparence des plus inédites à en redemander contemplant le filigrane ombré se positionnant en lotus sans ictus pleins de hiatus aérés de hics déhanchés sans passeport ni contrées touchant du bois à l’intérieur d’un grand corps accordé à la multitude de passages massage à revers au-devant intraveineux cavalant en alternance globules rouges et blancs dans un fluide glacial farces et attrapes où le coussin péteur le diable à ressort le verre baveur le cigare explosif jouent en quatuor accompagné d’un trio d’une boîte à meuh une boîte à rire une boîte à prout le tout sonnant comme une formation de didgeritrompes s’émeuvant d’un ballet de Stymphalides qui de leur bec de fer meulaient leurs exploits de cuistot dingo burger chair humaine qui ne tardait jamais à venir à revenir à retendrir devant leur beauté grotesque de quoi se faire cuire un œuf et de se dire quoi de neuf à se mettre sous la dent mis à part une fausse galette de pomme de terre caramillésimée à la bière Chimay trappézistes sur futs du chaînon manquant question de trouver le trou normand pour redonner appétit vers de nouvelles ondes à digérer cette fois-ci sauter au wok car micro-ondes à éviter dans la mastaba du mardi gras où guérilléra se court-circuite dans l’opéra-gouffre patatras eureka qui permettra in vivo un enregistrement avec l’aide de tout un régiment s’adonnant à l’épluchure de quelques tonnes d’oignons afin de parvenir à un vrai de vrai miserere Ô bruiteur des cieux aie pitié de nous dans ce naufrage de décibels dilacérant notre perception de la confession secrète et un blanc suivit                         puis un noir                                               rouge                                               jaune et vert                       tout l’arc-en-ciel passait mais                sans aucun doute
aucune déroute un cha-cha-cha chassa honorablement la discorde éthérienne de ses frottis frottas mettait à nouveau la syncope clopin-clopant remettant au jour le petit déjeuner au lit refit la belle vie voir revenir la pomme à croquer les petits pois à décosser l’anguille au vert à déguster et hélas trois fois hélas intervient la causticité d’un marteau sans maître sur un meuble piano martyrisé d’électricité et mille tonnerres pile-poil à la fois déballant d’un escalier en cristal faisant un éclat de barouf sans égal comme trois tonnes d’orchestre désaccordées et cinq tomes de solfège mité en fête de noces concerto grosso bucco brûlé au lance-flamme et le lance-flegme d’orgue prend la relève en minimisant le vécu en quelques calques de notes étirées comme autant de chiclettes distendues et nouer ensemble comme corde de fortune et de délivrance se balançant comme une bouée de sauvetage sur une mer calme moments de répits et de respiration mais à la longue et sur la durée se cache la même saturation sans migration et ça évolue vers l’étranglement du sonar du cuirassé torpillé tenant bon bien ancré à la propulsion des moteurs à la prouesse des innombrables hélices sombrant malgré tout dans les néants d’un court mais incontournable ploups et
blub blob
belob lob bob
blebop
bliiiiiiiiiiiiiiiiiiiii - iii - iii - iii - iii - i i i - i i i - i    i    i - i              i               i
i
pi et a et no des fonds d’une salle de fête remplis d’abscense se donne en séquences aux meubles vides et aux verres vidés s’étripe de sa conscience subaquatique sur le plancher bien ciré s’y étendant en billes de verre suggérant un jeu de mémoire en touches légères d’une survivante juvénilité s’exprimant sans relents ni vents comme un terrain vague se mettant à nu en toute simplicité d’être et de ne pas paraître

(j’écoute - j’écris - d’un trait : John Cale // New York in the 1960 - Dream Interpretation - Stainless Gamelan - Sun Blindness Music, 1964-1969 + John Cale - The Unknown, 1998)

Chritoph Bruneel

Note :

John Cale est né, en 1942, au Pays de Galles [comté de Carmarthenshire, c’est un auteur-compositeur-interprète qui est principalement connu pour avoir été l’un des deux membres fondateurs, avec Lou Reed, du groupe devenu mythique : The Velvet Underground. Très jeune, John Cale manifeste un vif intérêt, une passion pour la Musique et montre d’excellentes prédispositions pour la pratiquer. Ses parents pourtant d’un milieu modeste [sa mère est institutrice et son père mineur ne parle que le gallois] lui permettre, adolescent, d’aller au Goldsmith College de Londres pour faire des études de Musique classique et il y apprend à jouer du violon alto, le piano et la guitare. En 1963, la bourse Leonard Bernstein lui permet d’intégrer le conservatoire Eastman dans l’état du Massachussetts au u.s.a pour y apprendre la composition contemporaine. Six mois plus tard, il est à New-York où il rencontre John Cage qui le fait participer, avec d’autres jeunes pianistes, à la création des : Vexations d’Erik Satie, une performance musicale de 18 heures. Toujours à New-York, il fait la connaissance de Tony Conrad, un proche d’Andy Warhol, et de La Monte Young qui l’introduisent dans le projet et l’aventure musicale : The Dream Syndicate [Théâtre pour une musique éternelle] au sein duquel il va énormément expérimenter et enregistrer du matériel qui ne sera publié que 35 années plus tard. C’est aussi à cette époque qu’il rencontre Lou Reed pour lui proposer de venir l’épauler en qualité de musicien de studio dans les projets dans lesquels est engagé ce dernier avec les studios de Pickwick Records. Ils forment alors un groupe éphémère : The Primitives, qui très vite devient The Velvet Undergroung. L’influence de John Cale sur les deux premiers albums sera prépondérante, déterminante par l’apport d’éléments extérieurs au rock ; Musique classique, Musique contemporaine et répétitive, travail et expérimentation sur les sons (notamment sur l’utilisation de leur saturation), tout un héritage de son travail au sein de The Dream Syndicate qui n’a pu vraiment être connu et diffusé qu’à partir de 2000 avec les parutions successives de quatre disques cd présentant du matériel sonore provenant des archives personnelles de Tony Conrad ;
-        INSIDE THE DREAM SYNDIDATE – Volume 1 : Day of Niagara [ New York City, 25 April 1965]. Tables of the Elements – 74 W/2000.
-        INSIDE THE DREAM SYNDICATE – Volume 2 : Dream Interpretation. [compositions de 1965 à 1969]. Tables of the Elements – 79AU/2000
-        INSIDE THE DREAM SYNDICATE  - Volume 3 : Stainless Gamelan [compositions de 1965 à 1968]. Tables of  the Elements – 80HG/2000.
-        JOHN CALE : New York in 1960s [compositions de 1965 à 1968]. Tables of the Elements – 75RE/2000.

2 des trois premiers cd, volume 2 & 3 de la série Inside the Dream Syndicate, proposent des compositions de John Cale mais qu’il interprète toujours avec des collaborateurs qui varient selon les titres et sont Tony Conrad, Angus MacLise, Terry Jennings, New York Fire Departement, Sterling Morrison (The Velvet Underground). Le cd 1 de la série Inside the Dream Syndicate est une composition commune d’une durée de 30 minutes environ (une improvisation probablement) de John Cale (violon alto), Tony Conrad (violon), Angus MacLise (percussions), La Monte Young (voix) et Marian Zazeela.

Lorsqu’à Christoph Brunel, j’ai transmis sur des copies de ces quatre disques-compacts, il me restait assez de place pour y adjoindre trois pièces des huit qui composent : The Unknown, oeuvre pour claviers écrite par John Cale est enregistré en solo et en direct au Théâtre de la Colline durant le Festival Cinémémoires de Paris, le 5 décembre 1994 et paru sur cd en 1999 sur le label : Les disques du crépuscule. Christoph Brunel a tenu compte de ces extraits de : The Unknown pour rédiger le paragraphe final d’ ALIGOT  DANS LE CARGO.

Christian-Edziré Déquesnes.
CAROUSEL - John Cale : Electronic sounds late 1967/Early 1968.
extrait de : DREAM INTERPRETATION - Inside the Dream Syndicate - volume 2.

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