ALIGOT DANS LE CARGO
non pas de choucroute pot pourri non plutôt
effilement d’asperges d’arpèges monosyllabiques dépiautées dépecées et pour
finir engrossées de leurres dématérialisants suscesptibles de déclencher
quelques spectres d’ondes d’un autre monde surfant sur des bandes de papier
métallisé ainsi magnétisant l’encéphalogramme comme partition d’un peuple
d’avenir de consistance aucune même pas poussière redevenue poussière ou
serait-ce le coup d’état réussi d’un trou noir vu le bruit assourdissant strident
piquant mordant qui règne dans cet univers qui nous mène en bateau sans voile
ni squelette néanmoins fortement armé d’essaims à répétition dévastatrice pour
ceux qui ont l’écoute du mainstream préférant à baisser la culotte que de
remonter les bretelles mais bizarrement oui vraiment étonnamment le ton baisse
remonte l’audibilité dansent les fréquences une sorte de passe-pied sur papier
mâché timbré de vergeures et pontuseaux pour une transparence des plus inédites
à en redemander contemplant le filigrane ombré se positionnant en lotus sans
ictus pleins de hiatus aérés de hics déhanchés sans passeport ni contrées
touchant du bois à l’intérieur d’un grand corps accordé à la multitude de
passages massage à revers au-devant intraveineux cavalant en alternance
globules rouges et blancs dans un fluide glacial farces et attrapes où le
coussin péteur le diable à ressort le verre baveur le cigare explosif jouent en
quatuor accompagné d’un trio d’une boîte à meuh une boîte à rire une boîte à
prout le tout sonnant comme une formation de didgeritrompes s’émeuvant d’un
ballet de Stymphalides qui de leur bec de fer meulaient leurs exploits de
cuistot dingo burger chair humaine qui ne tardait jamais à venir à revenir à
retendrir devant leur beauté grotesque de quoi se faire cuire un œuf et de se
dire quoi de neuf à se mettre sous la dent mis à part une fausse galette de
pomme de terre caramillésimée à la bière Chimay trappézistes sur futs du
chaînon manquant question de trouver le trou normand pour redonner appétit vers
de nouvelles ondes à digérer cette fois-ci sauter au wok car micro-ondes à
éviter dans la mastaba du mardi gras où guérilléra se court-circuite dans
l’opéra-gouffre patatras eureka qui permettra in vivo un enregistrement avec
l’aide de tout un régiment s’adonnant à l’épluchure de quelques tonnes
d’oignons afin de parvenir à un vrai de vrai miserere Ô bruiteur des cieux aie
pitié de nous dans ce naufrage de décibels dilacérant notre perception de la
confession secrète et un blanc suivit puis
un noir rouge jaune
et vert tout l’arc-en-ciel passait mais sans aucun doute
aucune déroute
un cha-cha-cha chassa honorablement la discorde éthérienne de ses frottis
frottas mettait à nouveau la syncope clopin-clopant remettant au jour le petit
déjeuner au lit refit la belle vie voir revenir la pomme à croquer les petits
pois à décosser l’anguille au vert à déguster et hélas trois fois hélas
intervient la causticité d’un marteau sans maître sur un meuble piano martyrisé
d’électricité et mille tonnerres pile-poil à la fois déballant d’un
escalier en cristal faisant un éclat de barouf sans égal comme trois tonnes
d’orchestre désaccordées et cinq tomes de solfège mité en fête de noces
concerto grosso bucco brûlé au lance-flamme et le lance-flegme d’orgue prend la
relève en minimisant le vécu en quelques calques de notes étirées comme autant
de chiclettes distendues et nouer ensemble comme corde de fortune et de
délivrance se balançant comme une bouée de sauvetage sur une mer calme moments
de répits et de respiration mais à la longue et sur la durée se cache la même
saturation sans migration et ça évolue vers l’étranglement du sonar du cuirassé
torpillé tenant bon bien ancré à la propulsion des moteurs à la prouesse des
innombrables hélices sombrant malgré tout dans les néants d’un court mais
incontournable ploups et
blub blob
belob lob bob
blebop
bliiiiiiiiiiiiiiiiiiiii - iii - iii - iii - iii
- i i i - i i i - i i i - i i i
i
pi et a et no des fonds d’une salle de fête
remplis d’abscense se donne en séquences aux meubles vides et aux verres vidés
s’étripe de sa conscience subaquatique sur le plancher bien ciré s’y étendant
en billes de verre suggérant un jeu de mémoire en touches légères d’une
survivante juvénilité s’exprimant sans relents ni vents comme un terrain vague
se mettant à nu en toute simplicité d’être et de ne pas paraître
(j’écoute
- j’écris - d’un trait : John Cale // New York in the 1960 - Dream
Interpretation - Stainless Gamelan - Sun Blindness Music, 1964-1969 + John Cale
- The Unknown, 1998)
Chritoph
Bruneel
Note :
John Cale est né, en 1942, au Pays de Galles
[comté de Carmarthenshire, c’est un auteur-compositeur-interprète qui est
principalement connu pour avoir été l’un des deux membres fondateurs, avec Lou
Reed, du groupe devenu mythique : The Velvet Underground. Très jeune, John Cale manifeste un vif intérêt, une passion pour la
Musique et montre d’excellentes prédispositions pour la pratiquer. Ses parents
pourtant d’un milieu modeste [sa mère est institutrice et son père mineur ne
parle que le gallois] lui permettre, adolescent, d’aller au Goldsmith College
de Londres pour faire des études de Musique classique et il y apprend à jouer
du violon alto, le piano et la guitare. En 1963, la bourse Leonard Bernstein
lui permet d’intégrer le conservatoire Eastman dans l’état du Massachussetts au
u.s.a pour y apprendre la composition contemporaine. Six mois plus tard, il est
à New-York où il rencontre John Cage qui le fait participer, avec d’autres
jeunes pianistes, à la création des : Vexations d’Erik Satie, une performance musicale de 18 heures. Toujours à
New-York, il fait la connaissance de Tony Conrad, un proche d’Andy Warhol, et
de La Monte Young qui l’introduisent dans le projet et l’aventure musicale :
The Dream Syndicate [Théâtre pour une musique éternelle] au sein duquel il va énormément expérimenter
et enregistrer du matériel qui ne sera publié que 35 années plus tard. C’est
aussi à cette époque qu’il rencontre Lou Reed pour lui proposer de venir l’épauler
en qualité de musicien de studio dans les projets dans lesquels est engagé ce
dernier avec les studios de Pickwick Records. Ils forment alors un groupe
éphémère : The Primitives, qui
très vite devient The Velvet Undergroung. L’influence de John Cale sur les deux premiers albums sera
prépondérante, déterminante par l’apport d’éléments extérieurs au rock ;
Musique classique, Musique contemporaine et répétitive, travail et
expérimentation sur les sons (notamment sur l’utilisation de leur saturation),
tout un héritage de son travail au sein de The Dream Syndicate qui n’a pu vraiment être connu et diffusé qu’à
partir de 2000 avec les parutions successives de quatre disques cd présentant
du matériel sonore provenant des archives personnelles de Tony Conrad ;
-
INSIDE
THE DREAM SYNDIDATE – Volume 1 : Day of Niagara [ New York City, 25 April 1965].
Tables of the Elements – 74 W/2000.
-
INSIDE
THE DREAM SYNDICATE – Volume 2 : Dream Interpretation. [compositions de
1965 à 1969]. Tables of the Elements – 79AU/2000
-
INSIDE
THE DREAM SYNDICATE - Volume 3 : Stainless Gamelan [compositions de
1965 à 1968]. Tables of the Elements –
80HG/2000.
-
JOHN
CALE : New York in 1960s [compositions de 1965 à 1968]. Tables of the
Elements – 75RE/2000.
2 des trois premiers cd, volume 2 & 3 de la
série Inside the Dream Syndicate, proposent des compositions de John Cale mais
qu’il interprète toujours avec des collaborateurs qui varient selon les titres
et sont Tony Conrad, Angus MacLise, Terry Jennings, New York Fire Departement,
Sterling Morrison (The Velvet Underground). Le cd 1 de la série Inside the
Dream Syndicate est une composition commune d’une durée de 30 minutes environ (une
improvisation probablement) de John Cale (violon alto), Tony Conrad (violon),
Angus MacLise (percussions), La Monte Young (voix) et Marian Zazeela.
Lorsqu’à Christoph Brunel, j’ai transmis sur des
copies de ces quatre disques-compacts, il me restait assez de place pour y
adjoindre trois pièces des huit qui composent : The Unknown, oeuvre pour claviers écrite par John Cale est enregistré en solo et en direct au Théâtre de la Colline durant
le Festival Cinémémoires de Paris, le 5 décembre 1994 et paru sur cd en 1999
sur le label : Les disques du crépuscule. Christoph Brunel a tenu compte de ces extraits de : The
Unknown pour rédiger le paragraphe final
d’ ALIGOT DANS LE CARGO.
Christian-Edziré Déquesnes.
CAROUSEL - John Cale : Electronic sounds late 1967/Early 1968.
extrait de : DREAM INTERPRETATION - Inside the Dream Syndicate - volume 2.

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