mardi 11 avril 2017

MUSE HIC ! - 11. ANGUS MACLISE - JE SUIS JE RESTE



Localité
JE SUIS N’Y RESTE


une descente sous escalier en désescalade d’une pente sans aucun mime dans les parages ni quelqu’un d’autre rien qu’une dégringolade s’éclatant d’un mini-hoquet de saute-mouton agnelant une demi-portion martelée à coups de cabri excavant à son tour oui à chacun son tour un frère Jacques compostellé sous une chape de béton désarmé par un tapage nocturne sans aucun musicien dans les nuages ni quelqu’autre individu rien que du tintamarre essayant d’amarrer à l’organeau d’une encre sympathique pour découvrir un pied-à-terre ne fût-ce que pour faire connaissance avec les lieux qui permettra de voir naître une autre connaissance de cause rationnelle à l’effet contemplatif justement dans la cantine où dans une pièce voisine une radio-transmission en temps réels couvre quand bon lui semble une voix d’homme prenant la parole rendant le déroulement du premier acte dont il est le seul figurant c’est-à-dire un moins abstrait personnage bien debout remuant ses orteils pour se donner une certaine consistance un bonhomme qui s’est donné comme nom je suis aimant bien s’écouter raconter une autre vie de lunatique face-à-face lui je suis et eux ils sont d’un sentiment d’urgence je suis s’enferme dans la chambre de combustion interne de ses désirs qui se kaléidoscopent en joujou casse-tête chinois qui à son tour oui probablement un tour de magie porte ombre à la machine à pistons je suis à terme n’y reste n’y laissant même pas une empreinte d’épiderme de fait s’en allant une idée uni-directionnelle dans la tête qui ne mènera probablement nulle part à moins qu’un deuxième acte lui laisse la place d’agir ce qui n’est pas encore le cas soi-dit en passant où je suis pourrait-il déambuler à présent une chinoiserie pourrait-elle le mettre en transe musique muet ou est-ce qu’un menuet sous lsd ferait l’affaire je suis n’en fait qu’à sa tête et surfe d’onde en onde courte sur la radio-transmission dont cette fois-ci il prend le contrôle à fond les manettes s’auto-électrocute à faibles fiables doses et multiples sources s’enivre de déballages et décalages en circuits fermés orchestre des plaintes d’outre-tombe au fléau granule le désordre infra-musical bactérien prend les alvéoles en chambre d’écho prévoit la chute en pied de nez et tape et tape tapuscrit suivant une gamme définie et alimentée par une soufflerie buccale finalement je suis au deuxième acte s’explique son calendrier de jour en jour de la première lettre lue au dernier mot tu de la terre à la mer passant par le ciel de l’insignifiance au poème oublié de la bouteille et son verre du vide et du plein

(j’écoute - j’écris - d’un trait : Angus MacLise - The Cloud Doctrine, 1963-1976)

 
Note :


Angus MacLise [1938 – 1979] est un percussionniste mais surtout un compositeur de Musiques électroniques d’avant-garde. Dans la première moitié des années soixantes, il est membre du collectif de Musiques expérimentales The Dreams Syndicate aux côtés de La Monte Young, Tony Conrad et John Cale ; ce dernier lui propose de rejoindre le groupe qu’il est train de monter avec Lou Reed : The Velvet Underground mais Angus Maclise ne reste que quelques mois au sein de la formation et seulement quelques démos témoignent de son passage au sein du groupe qui va devenir, au fil des décennies, mythique. Du vivant d’Angus MacLise, un seul disque est paru en 1972 : The Invasion of Thunderbolt Pagoda [ré-édité en disque compact en 1999] qui est la bande sonore, un peu moins d’une trentaine de minutes, d’un film d’avant-garde ; néanmoins Angus MacLise a suffisamment enregistré pour, qu’entre autre, paraissent en 2003 un double album de deux disques compacts de 159 minutes au total : The Cloud Doctrine composé d’archives qui s’échelonnent sur une période de 1963 à 1976, elles proviennent de la collection privée de Tony Conrad, ce dernier a lui-même remastérisé les enregistrements qui ont été édités sur le label : SUB ROSA [SR182]. Il s’agit vraiment, là, de Musiques électroniques expérimentales que certains aisément définissent de bruitistes ou d’industrielles, ce qui une certitude c’est que l’œuvre d Angus MacLise se placent aux antipodes des codes et convenances établies dans des musiques dites classiques ou traditionnelles ou encore même modernes et populaires.

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