mercredi 8 mars 2017

LEON PINSON - PLATS DU JOUR [revisité] - 4.



LES GOSPELS DE LEON PINSON

Ecoutez-le, ce gai Pinson,
C’est le rossignol du Bon Dieu,
Un canari des jours de poisse
Qui chante que la vie est belle
Et que tout finira par s’arranger,
Parce qu’il y a un certain Jésus
Qui ne laisse jamais tomber personne.

Quand Belzébuth a voulu lui crever les yeux,
Bon sang, il ne s’est pas laissé faire,
En prenant ses jambes à son cou,
Il a volé la guitare du diable
Pendant que Jésus couvrait sa fuite.
Depuis il passe tout son temps avec elle
A se moquer du vieux malin.

Son rythme, c’est le tempo du pas de sa mule
Qui l’emmène d’Abbeville à Indianola,
Retour par Pickens, Carthage, Decatur,
Shukalak, Macon, Smithville et Tupelo.
Sa foi ne craint pas la poussière des routes :
Un jour au temple, un jour au coin d’une rue,
Il vous l’offre en chantant, reprenez-la en chœur !

Pas besoin de clé de sol, de clé fa ni de clé d’ut,
Il prend la clé des champs, les clés du paradis,
Le slide du bottleneck sur sa guitare en ré,
Et treize mesures à la douzaine :
Aussitôt, même les cordes qui ne s’accordaient pas
Se mettent à vibrer à l’unisson,
Et votre cœur s’emballe avec elles !

Cette voix que vous entendez yodler
Sur une symphonie de trois notes de guitare,
Dans un vieux hangar transformé en église,
C’est celle de Léon Pinson qui pousse son holy blues :
« Reste pas couché là, dit Jésus,
C’était juste une erreur, un faux pas de ta part,
Tu vaux mieux que ça, crois-moi, relève-toi et vis ! ».
Francis Carpentier
Note : 

Guitariste et pianiste Reverend Leon Pinson est né aux U.S.A dans le comté de l’Union, le 11 janvier 1910. Attient d’une méningite durant son enfance, il est partiellement paralysé et presque aveugle mais sa prédisposition pour le blues et son adresse musicale lui ont permis de poursuivre une carrière en jouant dans les églises, dans des concerts et aux coins des rues. Il a joué, dans le Mississippi et l’Arkansas, avec l’harmoniciste Reverend Elder Roma Wilson. Il a été aussi membres de groupes, notamment le Silvertone Quartet de New Albany, également il a formé des chorales gospels à travers le nord du Mississippi. Tout comme son complice Elder Roma Wilson, il affirme qu’ils n’ont jamais joué le Blues mais du Saint-Blues ou Blues-Gospel, tellement leurs paroles étaient sacrées et non laïques. Leon Pinson a déclaré « …Des personnes racontent que je chante le blues de l’évangile ! Si vous avez le blues gospel alors pas besoin du blues, vous savez que vous êtes dans la joie ».
À notre connaissance, il n’existe pas d’enregistrements de Reverend Leon Pinson, à l’exception de ceux effectués Le 18 septembre 1967 à Cleveland [Mississippi] par le folkloriste-musicologue et archiviste George Mitchell dont tout le travail a été enfin édité à partir de 2008 sur l’excellent label Fat Possum.
Reverend Leon Pinson est décédé le 10 octobre 1998.
Christian-Edziré Déquesnes
Discocraphie :

-Hush – Somebody Is Calling Me : Ré-édition vinyle sur le label Fat Possum des 12 titres parus en 2008 sur cd dans le cadre de l’édition par le label Fat Possum des enregistrements de : The George Mitchell Collection*.

-Fire In My Bone : Raw, Rare + Other Worldly African American Gospel. 1944-2007. Compilation de diverses artistes du Gospel parmi lesquels figure Rev. Leon Pinson, parue en 2009 sur le label Tompkins Square.

*Cette précieuse collection de documents sonores bruts est une véritable bible. Elle se compose d’une boite de 45 quarante-cinq tours [existe aussi en version cd sous la forme d’un coffret 7 disques] qui propose tous un bluesman différent dont la plupart sont d’illustres inconnus et d’autres tombés dans l’oubli. En parallèle, la collection est complétée par 15 disques cd dont 12 sont consacrés à des bluesmen ou des duos et enfin 3 à une thématique géographique [Tennessee, Georgia et Lower Chattahoochie Valley].

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