LES GOSPELS DE LEON PINSON
Ecoutez-le,
ce gai Pinson,
C’est
le rossignol du Bon Dieu,
Un
canari des jours de poisse
Qui
chante que la vie est belle
Et
que tout finira par s’arranger,
Parce
qu’il y a un certain Jésus
Qui
ne laisse jamais tomber personne.
Quand
Belzébuth a voulu lui crever les yeux,
Bon
sang, il ne s’est pas laissé faire,
En
prenant ses jambes à son cou,
Il
a volé la guitare du diable
Pendant
que Jésus couvrait sa fuite.
Depuis
il passe tout son temps avec elle
A
se moquer du vieux malin.
Son
rythme, c’est le tempo du pas de sa mule
Qui
l’emmène d’Abbeville à Indianola,
Retour
par Pickens, Carthage, Decatur,
Shukalak,
Macon, Smithville et Tupelo.
Sa
foi ne craint pas la poussière des routes :
Un
jour au temple, un jour au coin d’une rue,
Il
vous l’offre en chantant, reprenez-la en chœur !
Pas
besoin de clé de sol, de clé fa ni de clé d’ut,
Il
prend la clé des champs, les clés du paradis,
Le
slide du bottleneck sur sa guitare en ré,
Et
treize mesures à la douzaine :
Aussitôt,
même les cordes qui ne s’accordaient pas
Se
mettent à vibrer à l’unisson,
Et
votre cœur s’emballe avec elles !
Cette
voix que vous entendez yodler
Sur
une symphonie de trois notes de guitare,
Dans
un vieux hangar transformé en église,
C’est
celle de Léon Pinson qui pousse son holy
blues :
« Reste
pas couché là, dit Jésus,
C’était
juste une erreur, un faux pas de ta part,
Tu
vaux mieux que ça, crois-moi, relève-toi et vis ! ».
Francis Carpentier
Note :
Guitariste
et pianiste Reverend Leon Pinson est né aux U.S.A dans le comté de
l’Union, le 11 janvier 1910. Attient d’une méningite durant son
enfance, il est partiellement paralysé et presque aveugle mais sa
prédisposition pour le blues et son adresse musicale lui ont permis
de poursuivre une carrière en jouant dans les églises, dans des
concerts et aux coins des rues. Il a joué, dans le Mississippi et
l’Arkansas, avec l’harmoniciste Reverend Elder Roma Wilson. Il a
été aussi membres de groupes, notamment le Silvertone
Quartet de New Albany,
également il a formé des chorales gospels à travers le nord du
Mississippi. Tout comme son complice Elder Roma Wilson, il affirme
qu’ils n’ont jamais joué le Blues mais du Saint-Blues
ou Blues-Gospel,
tellement leurs paroles
étaient sacrées et non laïques. Leon Pinson a déclaré
« …Des
personnes racontent que je chante le blues de l’évangile ! Si
vous avez le blues gospel alors pas besoin du blues, vous savez que
vous êtes dans la joie ».
À
notre connaissance, il n’existe pas d’enregistrements de Reverend
Leon Pinson, à l’exception de ceux effectués Le 18 septembre 1967
à Cleveland [Mississippi] par le folkloriste-musicologue et
archiviste George Mitchell dont tout le travail a été enfin édité
à partir de 2008 sur l’excellent label Fat Possum.
Reverend
Leon Pinson est décédé le 10 octobre 1998.
Christian-Edziré Déquesnes
Discocraphie :
-Hush
– Somebody Is Calling Me : Ré-édition
vinyle sur le label
Fat Possum des 12
titres parus en 2008 sur cd dans le cadre de l’édition par le
label Fat Possum des
enregistrements de :
The George Mitchell Collection*.
-Fire
In My Bone : Raw, Rare + Other Worldly African American Gospel.
1944-2007.
Compilation de diverses
artistes du Gospel parmi lesquels figure Rev. Leon Pinson, parue en
2009 sur le label
Tompkins Square.
*Cette
précieuse collection de documents sonores bruts est une véritable
bible. Elle se compose d’une boite de 45 quarante-cinq tours
[existe aussi en version cd sous la forme d’un coffret 7 disques]
qui propose tous un bluesman différent dont la plupart sont
d’illustres inconnus et d’autres tombés dans l’oubli. En
parallèle, la collection est complétée par 15 disques cd dont 12
sont consacrés à des bluesmen ou des duos et enfin 3 à une
thématique géographique [Tennessee, Georgia et Lower Chattahoochie
Valley].

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